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Chapitre 3

Les alliances de la promesse

« C'est pourquoi, vous autrefois païens dans la chair, appelés incirconcis par ceux qu'on appelle circoncis et qui le sont en la chair par la main de l'homme, souvenez-vous que vous étiez en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. » (Éphésiens 2.11-12 )

Une idée qui prévaut assez largement est que Dieu a une alliance pour les Juifs et une autre pour les Gentils, qu'il y eut un temps où l'alliance avec les Juifs excluait complètement les Gentils, mais que maintenant une nouvelle alliance a été conçue qui concerne principalement sinon exclusivement les Gentils; en bref, les Juifs sont ou étaient sous l'ancienne alliance et les Gentils sont sous la nouvelle. Nous pouvons tout de suite voir à partir du passage que l'on vient de citer que c'est là une grave erreur.

En fait, les Gentils en tant que Gentils n'ont aucune part en quoi que ce soit dans les alliances de la promesse de Dieu. En Christ est le oui. « Car, pour ce qui concerne toutes les promesses de Dieu, c'est en lui qu'est le oui; c'est pourquoi encore l'Amen par lui est prononcé par nous à la gloire de Dieu. » (2 Corinthiens 1.20). Les Gentils sont ceux qui sont sans Christ et ils sont donc « étrangers aux alliances de la promesse ». Aucun Gentil n'a de part dans une quelconque alliance de la promesse. Mais quiconque le veut peut venir à Christ et participer aux promesses; car Christ a dit : « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. » (Jean 6.37). Mais quand le Gentil le fait, peu importe sa nationalité, il cesse d'être un Gentil et devient membre du « commonwealth d'Israël ».

Qu'il soit aussi noté cependant que le Juif, dans le sens habituel du terme, c'est-à-dire étant un membre de la nation juive et ayant rejeté Christ, n'a pas davantage part aux promesses divines ou aux alliances de la promesse que le Gentil. Ce qui veut seulement dire que personne n'a de part aux promesses excepté ceux qui les acceptent. Quiconque est « sans Christ », qu'il soit appelé Juif ou Gentil, est aussi « sans Dieu dans le monde » et est étranger aux alliances de la promesse et étranger au commonwealth d'Israël. C'est ce que le premier texte cité nous enseigne. Quelqu'un doit être en Christ pour participer aux bénéfices des « alliances de la promesse » et être membre du « commonwealth d'Israël ». Être un véritable Israélite par conséquent, c'est être simplement un chrétien. Ceci s'applique autant aux gens qui vivaient à l'époque de Moïse qu'à ceux qui vivaient au temps de Paul ou à ceux qui vivent de nos jours.

Quelqu'un aura peut-être l'idée de demander : « Qu'en est-il de l'alliance faite au Sinaï? Voulez-vous dire que c'était la même alliance sous laquelle vivent les chrétiens ou qu'elle était aussi bonne? Ne nous dit-on pas qu'elle est défectueuse et si elle l'est, comment pourrait-elle donner la vie et le salut? »

Ce sont là des questions très pertinentes auxquelles nous pouvons facilement répondre. C'est un fait indéniable que la grâce a abondé au Sinaï « la grâce de Dieu qui apporte le salut » parce que Christ était là dans toute la plénitude de la grâce et de la vérité. La miséricorde et la vérité se sont rencontrées là, et la justice et la paix ont coulé comme un fleuve. Mais ce n'était pas en vertu de l'alliance faite au Sinaï que la miséricorde et la paix étaient là. Cette alliance n'a rien apporté au peuple même si tout était là à leur portée.

Le contraste entre les alliances

La valeur corporative des deux alliances qui sont étiquetées l'une par rapport à l'autre comme la « première » et la « seconde », « l'ancienne » et « la nouvelle », est démontrée dans l'Épître aux Hébreux qui présente Christ comme Souverain Sacrificateur et met en contraste Sa prêtrise et celle des hommes. Voici quelques-uns des points de supériorité de notre Grand-Prêtre sur les grands-prêtres terrestres :
  1. « Ces prêtres sont devenus sacrificateurs sans serment; mais Jésus l'est devenu avec serment par celui qui lui a dit : Le Seigneur a juré, et il ne se repentira pas : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l'ordre de Melchisédek. » ( Hébreux 7.21 )


  2. Ils n'étaient prêtres que pour une courte période parce qu'ils « ne pouvaient continuer en raison de la mort », c'est pourquoi il y avait un continuel changement et une succession des grands prêtres. Mais Christ « vit éternellement » et Il a donc une « prêtrise immuable ». Les prêtres terrestres continuaient d'être prêtres aussi longtemps qu'ils vivaient mais ils ne vivaient pas longtemps. Christ continue aussi d'être prêtre tant qu'Il vit et « Il vit éternellement ».


  3. Les prêtres du Lévitique étaient fait prêtres « d'après la loi d'une ordonnance charnelle ». Leur prêtrise était seulement extérieure, dans la chair. Ils ne pouvaient traiter avec le péché que dans ses manifestations extérieures, ce qui veut dire en réalité pas du tout. Mais Christ est Grand-Prêtre « selon la puissance d'une vie impérissable », une vie qui sauve au maximum. Il sert la loi selon l'Esprit.


  4. Ils étaient ministres d'un sanctuaire terrestre seulement, sanctuaire construit par l'homme. Christ « s'est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, qui a été dressé par le Seigneur et non par un homme ». ( Hébreux 8.1-2 )


  5. Ils étaient des hommes pécheurs tel que démontré par leur état mortel. Christ est « déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection d'entre les morts » ( Romains 1.4 ) et Il est donc « saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux » ( Hébreux 7.26 ).
Maintenant « Jésus est par cela même le garant d'une alliance plus excellente » (Hébreux 7.22 ). L'alliance dont Christ est le ministre est d'autant supérieure à celle dont les prêtres lévites étaient les ministres et dont la prêtrise datait seulement de l'alliance au Sinaï, que Christ et Sa prêtrise sont supérieurs à eux et à leur prêtrise. C'est-à-dire que l'alliance dont Christ est ministre en tant que Souverain Sacrificateur est d'autant supérieure à l'alliance qui date du Sinaï que Christ est supérieur à l'homme, autant que le ciel est plus élevé que la terre, que le sanctuaire céleste est plus grand que le sanctuaire terrestre, que les oeuvres de Dieu sont meilleures que les oeuvres de la chair, que « la loi de l'Esprit de vie en Jésus-Christ » est meilleure que « la loi d'une ordonnance charnelle », que la vie éternelle est meilleure qu'une vie qui n'est qu'une « vapeur qui naît un moment puis disparaît », que le serment de Dieu est supérieur à la parole de l'homme.

Et maintenant nous pouvons lire en quoi consiste cette grande différence :

« En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n'aurait pas été question de la remplacer par une seconde. Car c'est en les prenant en défaut que le Seigneur dit à Israël : Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l'alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d'Égypte; car ils n'ont pas persévéré dans mon alliance, et je ne les ai pas considérés, dit le Seigneur. Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit le Seigneur : je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur coeur; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Aucun n'enseignera plus son voisin, ni aucun son frère, en disant : Connais le Seigneur! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu'au plus grand d'entre eux; parce que je serai miséricordieux pour leur injustice, et je ne me souviendrai plus de leurs iniquités. » (Hébreux 8.7-12 ).

Les faits suivants doivent ressortir avec force devant le lecteur attentif de ce texte :
  1. Les deux alliances concernent seulement Israël. Les Gentils, comme nous l'avons déjà vu, sont « étrangers aux alliances de la promesse ». Il a toujours été admis et même prétendu qu'ils n'ont rien à voir avec l'ancienne alliance; mais ils ont encore moins de liens avec la nouvelle alliance.


  2. Les deux alliances sont faites avec « la maison d'Israël », non pas seulement avec quelques individus ni avec une nation divisée, mais « avec la maison d'Israël et avec la maison de Juda », c'est-à-dire avec tout le peuple d'Israël. La première alliance a été faite avec toute la maison d'Israël avant qu'elle ne soit divisée; la seconde alliance sera réalisée quand Dieu aura pris les enfants d'Israël d'entre les païens et aura fait d'eux une nation, quand « ils ne formeront plus deux nations, et ne seront plus divisés en deux royaumes. » ( Ézéchiel 37.22, 26 )


  3. Les deux alliances contiennent des promesses et sont fondées sur elles.


  4. La « nouvelle alliance » est meilleure que celle du Sinaï.


  5. Elle est meilleure parce que les promesses sur lesquelles elle est fondée sont meilleures.


  6. On verra cependant, en comparant les termes de la nouvelle avec ceux de l'ancienne que le but désiré est le même pour chacune. L'ancienne disait : « Si tu obéis à ma voix », la nouvelle dit : « Je mettrai mes lois dans leur esprit et je les écrirai dans leur coeur. » Chaque alliance fait référence à la loi de Dieu. Les deux ont la sainteté et toutes les récompenses de la sainteté comme objectif. Il a été dit à Israël dans l'alliance du Sinaï : « Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte » ( Exode 19.6 ). C'est exactement ce qu'est le peuple de Dieu, « un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple particulier » ( 1 Pierre 2.5, 9 ).
Mais les promesses de cette alliance au Sinaï ne se sont jamais réalisées pour la bonne raison qu'elles étaient fautives. Les promesses de cette alliance dépendaient toutes du peuple. Ils ont dit : « Nous ferons tout ce que l'Éternel a dit. » (Exode 19.8, 24.7). Ils ont promis de garder Ses commandements même s'ils avaient déjà démontré leur incapacité de faire quoique ce soit d'eux-mêmes. Leurs promesses de garder la loi, à l'instar de la loi elle-même, étaient « faibles à cause de la chair » (Romains 8.3). La force de cette alliance était donc la seule force de la loi, c'est-à-dire la mort.

Pourquoi alors cette alliance a-t-elle été faite? Pour la même raison que la loi a été proclamée au Sinaï, « à cause de la transgression ». Le Seigneur dit que c'était « parce qu'ils n'ont pas persévéré dans mon alliance ». Ils ont pris à la légère « l'alliance éternelle » que Dieu avait faite avec Abraham et Il a donc fait celle-ci avec eux, en témoignage contre eux.

Cette « alliance éternelle » avec Abraham était une alliance de foi. Elle était éternelle et par conséquent, le don de la loi ne pouvait pas l'annuler. Elle fut confirmée par le serment de Dieu et la loi ne pouvait donc rien lui ajouter. Comme la loi n'a rien ajouté à cette alliance, et n'était pas cependant contre ses promesses, il en découle que la loi faisait partie de ses promesses. L'alliance de Dieu avec Abraham lui assurait, à lui et à sa postérité la justice de la loi par la foi. Non par les oeuvres, mais par la foi.

L'alliance avec Abraham était si ample dans son étendue qu'elle embrassait toutes les nations, même « toutes les familles de la terre ». C'est cette alliance, soutenue par le serment de Dieu, par laquelle nous avons maintenant confiance et espoir quand nous venons à Jésus, en qui elle a été confirmée. C'est en vertu de cette alliance et de cette alliance seule qu'un homme reçoit la bénédiction de Dieu, car la croix de Christ apporte simplement la bénédiction d'Abraham sur nous.

Cette alliance était entièrement une alliance de foi et c'est pourquoi elle assure le salut puisque « c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-9). L'histoire d'Abraham souligne avec force le fait que le salut vient entièrement de Dieu et non de la puissance de l'homme. « La puissance appartient à Dieu » (Psaume 62.12) et l'Évangile est « la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1.16). Le cas d'Abraham comme celui d'Isaac et de Jacob nous apprend que Dieu seul peut accomplir les promesses de Dieu. Ils n'obtinrent rien par leur propre sagesse, leur habileté ou leur force; tout était un don de Dieu. Il les a conduits et Il les a protégés.

C'est la vérité qui ressort le plus dans la délivrance des enfants d'Israël de l'Égypte. Dieu S'est présenté à eux comme « l'Éternel Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob » (Exode 3.15) ; et Il a chargé Moïse de leur faire savoir qu'Il était sur le point de les délivrer, en accomplissement de Son alliance avec Abraham. « Dieu parla encore à Moïse, et lui dit : Je suis Jéhovah. Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme le Dieu tout-puissant; mais je n'ai pas été connu d'eux sous mon nom, Jéhovah. J'ai aussi établi mon alliance avec eux, pour leur donner le pays de Canaan, le pays de leurs pèlerinages, dans lequel ils ont séjourné. De plus, j'ai entendu les gémissements des enfants d'Israël, que les Égyptiens tiennent en esclavage, et je me suis souvenu de mon alliance. C'est pourquoi dis aux enfants d'Israël : Je suis Jéhovah, je vous affranchirai des travaux dont vous chargent les Égyptiens, je vous délivrerai de leur servitude, et je vous sauverai à bras étendu et par de grands jugements. Je vous prendrai pour mon peuple, je serai votre Dieu, et vous saurez que c'est moi, Jéhovah, votre Dieu, qui vous affranchis des fardeaux dont vous chargent les Égyptiens. Je vous ferai entrer dans le pays que j'ai juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob; je vous le donnerai comme héritage; je suis Jéhovah. » (Exode 6.2-8 )

Lisons maintenant de nouveau les paroles de Dieu juste avant que l'alliance ait été faite au Sinaï : « Tu parleras ainsi à la maison de Jacob, et tu diras aux enfants d'Israël : Vous avez vu ce que j'ai fait aux Égyptiens, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle et amenés vers moi. Maintenant, si vous obéissez à ma voix, et gardez mon alliance, alors vous serez pour moi un trésor particulier plus que tous les peuples, car toute la terre est à moi; vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. » (Exode 19.3-6 )

Remarquez comment Dieu insiste sur le fait qu'il a Lui-même accompli tout ce qui a été fait pour eux. Il les a délivrés des Égyptiens et Il les a amenés à Lui. C'était la chose qu'ils oubliaient continuellement, comme l'indiquent leurs murmures. Ils étaient même allés jusqu'à se demander si le Seigneur était parmi eux ou non; et leurs murmures indiquaient toujours qu'ils croyaient pouvoir mieux diriger les choses que Dieu. Dieu les avait amenés à la mer Rouge par une passe de montagne et dans le désert où il n'y avait rien à manger et à boire, et Il avait miraculeusement pourvu à leurs besoins en toutes circonstances pour leur faire comprendre qu'ils ne pouvaient vivre que par Sa parole (Deutéronome 8.3 ).

L'alliance que Dieu avait faite avec Abraham était fondée sur la foi et la confiance. « Abraham crut en Dieu et cela lui fut imputé à justice. » Aussi quand Dieu, en accomplissement de cette alliance, délivra Israël de l'esclavage, tous Ses agissements à leur égard étaient calculés pour leur enseigner à Lui faire confiance afin qu'ils puissent vraiment être les enfants de l'alliance.

La réponse d'Israël en fut une de confiance en soi. Lisez le récit de leur manque de confiance en Dieu dans le Psaume 106. Il les a éprouvés à la mer Rouge, dans le don de la manne et aux eaux de Mériba. À chaque endroit, ils ont échoué à Lui faire parfaitement confiance. Maintenant Il vient les éprouver une fois de plus en leur donnant la loi. Comme nous l'avons déjà appris, Dieu n'a jamais eu l'intention que les hommes essaient d'obtenir la justice par la loi ou qu'ils pensent qu'une telle chose était possible. Dans le don de la loi, comme l'ont démontrée toutes les circonstances attenantes, Il a conçu que les enfants d'Israël et nous apprenions que la loi est infiniment hors de portée de tout effort humain et a clairement expliqué que puisque l'observation des commandements est essentielle au salut qu'Il a promis, Il accomplira Lui-même la loi en nous. Voici les paroles de Dieu : « Écoute, mon peuple! et je t'avertirai; Israël, puisses-tu m'écouter! Qu'il n'y ait au milieu de toi point de dieu étranger! Ne te prosterne pas devant des dieux étrangers! » (Psaumes 81.8-9 ) « Prêtez l'oreille, et venez à moi. Écoutez, et votre âme vivra. » (Ésaïe 55.3 ). Sa parole transforme l'âme de la mort venant du péché à la vie venant de la justice tout comme elle a ressuscité du tombeau Lazare.

Une lecture attentive d'Exode 19.1-6 montrera qu'il n'y a aucune indication qu'une autre alliance était nécessaire. En fait, c'était plutôt le contraire. Le Seigneur a fait allusion à Son alliance l'alliance donnée à Abraham il y a longtemps et les a exhortés à la garder, en leur mentionnant quel en serait le résultat. L'alliance avec Abraham était, comme nous l'avons vu, une alliance de foi et ils pouvaient la garder simplement en gardant la foi. Dieu ne leur a pas demandé d'entrer dans une autre alliance avec Lui, mais seulement d'accepter Son alliance de paix qu'il avait donnée à leurs pères longtemps auparavant.

La réponse appropriée du peuple aurait donc été : « Amen, ainsi soit-il, ô Seigneur, que ta volonté soit faite. » Ils ont dit au contraire : « Nous ferons tout ce que l'Éternel a dit »; et ils ont répété leur promesse avec encore plus d'emphase, même après avoir entendu proclamer la loi. C'est la même confiance en soi qui a conduit leurs descendants à dire à Christ : « Que devons-nous faire pour faire les oeuvres de Dieu? » Pensez à des hommes mortels présumant être capables de faire l'oeuvre de Dieu! Christ leur a répondu : « L'oeuvre de Dieu, c'est que vous croyez en Celui qu'Il a envoyé. » Il en a été de même dans le désert du Sinaï lorsque la loi a été donnée et l'alliance établie.

Leur désir de prendre la responsabilité de faire les oeuvres de Dieu montrait un manque d'appréciation de Sa grandeur et de Sa sainteté. C'est seulement quand les hommes sont ignorants de la justice de Dieu qu'ils cherchent à établir leur propre justice et refusent de se soumettre à la justice de Dieu (voir Romains 10.3). Leurs promesses ne valaient rien parce qu'ils n'avaient pas le pouvoir de les accomplir. Par conséquent, l'alliance qui était fondée sur ces promesses était totalement sans valeur quand il s'agissait de leur donner la vie. Tout ce qu'ils pouvaient obtenir de cette alliance n'était que ce qu'ils pouvaient tirer de leur propre personne, c'est-à-dire la mort. Se confier en cette alliance, c'était faire alliance avec la mort et faire un pacte avec la tombe. Entrer dans cette alliance revenait à signifier virtuellement au Seigneur qu'ils pouvaient très bien se passer de Lui, qu'ils étaient capables d'accomplir n'importe laquelle de Ses promesses.

Mais Dieu ne les abandonna pas, « car Il a dit : Certainement ils sont mon peuple, des enfants qui ne seront pas infidèles! Ainsi Il fut leur Sauveur. » (Ésaïe 63.8). Il savait qu'ils avaient agi par impulsion en faisant cette promesse et qu'ils ne réalisaient pas ce qu'elle signifiait. Ils avaient un zèle pour Dieu mais dépourvu de connaissance. Il les avait fait sortir du pays d'Égypte afin de pouvoir leur enseigner à Le connaître et Il ne S'est pas irrité parce qu'ils étaient aussi lents à apprendre la leçon. Il avait supporté Abraham quand il pensait pouvoir accomplir les plans de Dieu et Il avait été très patient avec Jacob quand il fut ignorant au point de supposer que l'héritage promis par Dieu pouvait être gagné par un marchandage serré et la fraude. De même Il supportait maintenant l'ignorance de leurs enfants et leur manque de foi, afin qu'Il puisse par la suite les amener à la foi.

Dieu vient à la rencontre des hommes là où ils sont. Il a de la « compassion pour les ignorants et pour les égarés » (Hébreux 5.2). Il cherche toujours et partout à attirer les hommes à Lui, peu importe combien dépravés ils sont; et c'est pourquoi lorsqu'Il discerne même la plus petite lueur de volonté ou de désir de Le servir, Il la nourrit tout de suite, cherchant à en profiter au maximum afin de conduire l'âme à un plus grand amour et à une connaissance plus parfaite. Ainsi, même si les enfants d'Israël avaient échoué dans le test suprême de confiance envers Lui Il prit avantage de la volonté qu'ils exprimèrent de Le servir, en dépit du fait que ce n'était que de leur manière faible et humaine. À cause de leur incrédulité, ils ne pouvaient pas obtenir tout ce qu'Il aurait souhaité qu'ils aient; mais ce qu'ils ont obtenu par leur manque de foi était un rappel continuel de ce qu'ils auraient pu avoir s'ils avaient pleinement cru. À cause de leur ignorance de la grandeur de Sa sainteté, laquelle fut exprimée dans leur promesse de garder la loi, Dieu continua, par la proclamation de la loi, à leur montrer la grandeur de Sa justice et l'impossibilité totale pour eux de l'accomplir.