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Chapitre 1

Le Sabbat de l'Éternel

Le Sabbat est plus qu'un jour de repos physique et mental. Il est même plus qu'un jour réservé à l'adoration. Il a définitivement une signification rédemptrice, il est en relation étroite avec l'Evangile éternel.

Le Nouveau Testament utilise fréquemment le mot « repos » pour désigner les bonnes nouvelles du salut en Jésus-Christ (Matthieu 11:28; Hébreux 4:2,3). Depuis l'entrée même du péché, cette promesse de repos en Christ à été rattachée au Sabbat. C'est pour cette raison que la plupart des jours de fête dans l'Ancien Testament étaient figurés par un Sabbat de repos. Ils annonçaient tous le Messie et son oeuvre rédemptrice.

La signification du Sabbat, du point de vue de Dieu

Le mot « Sabbat » signifie repos, et la première chose que nous découvrons à son sujet dans l'Ancien Testament, c'est qu'il appartient à Dieu : « Le septième jour est le Sabbat du Seigneur ton Dieu » (Exode 20:10), « vous observerez mes Sabbats » (Exode 31:13), « le septième jour est le jour du repos de l'Eternel » (Exode 20:10), « le Sabbat... mon saint jour » (Ésaïe 58:13). Il est très clair que le Sabbat appartient à Dieu, et le qualifier de « Sabbat des Juifs » est antibiblique. Oui, il a été fait pour l'homme (Marc 2:27), mais il n'appartient pas à l'homme, qu'il soit Juif ou Gentil.

Pourquoi, demanderez-vous, un Dieu omnipotent qui n'a manifestement pas besoin d'un jour de repos (Esaïe 40:28), met-Il de côté le septième jour comme un jour spécial de repos?

La réponse que la Parole de Dieu nous donne est que le Sabbat devait faire connaître la perfection de Son oeuvre achevée (Genèse 1:31; 2:1-3; Hébreux 4:4). Ce fait est extrêmement important pour notre compréhension de l'Evangile et de la justification par la foi comme le met en relief ce qui suit.

Ce que nous devons garder à l'esprit concernant le Sabbat de Dieu, c'est qu'il est Son septième jour et non le nôtre.

Dieu dédia six jours pour créer tout ce qui constitue cette planète terre et Il mit alors à part (sanctifia) le septième jour comme Son Sabbat (Exode 20:11). Adam et Eve furent créés à la fin du sixième jour (Genèse 1:26-31). Par conséquent, le Sabbat (ou septième jour) de l'Eternel, est en fait le premier jour complet d'existence de l'homme. Voyons pourquoi ceci est très important, surtout si nous considérons le Sabbat à la lumière de notre rédemption en Christ.

Dieu travailla six jours en créant le monde. Il se reposa seulement lorsque son travail fut parfait et achevé (Genèse 2:1-3). Adam et Eve, par ailleurs, ne commencèrent pas leur existence en travaillant, mais en se reposant le Sabbat de Dieu. Ce n'est qu'après être « entrés » dans le repos de Dieu qu'ils eurent six jours de travail. Le genre humain commença d'abord par recevoir toute l'oeuvre de Dieu comme un don entièrement gratuit et alors seulement, ils purent en jouir pendant le reste de la semaine.

Le salut comme la création, commence non en faisant quelque chose mais en se reposant dans l'oeuvre parfaite et complète de Jésus-Christ, accomplie par sa vie et sa mort. Comme Adam et Eve, qui dédièrent leur premier jour au repos sabbatique avant d'entreprendre leur activité commune, nous pouvons jouir nous aussi des bénédictions du salut en nous reposant d'abord dans la justice parfaite que Jésus nous a obtenue. Cette perspective montre que le repos du Sabbat représente le fondement même de la vérité glorieuse de la justice par la foi.

Quand Dieu mit à part (sanctifia) le Sabbat (Genèse 2:3), il entra dans une alliance éternelle avec la race humaine, dans laquelle l'être humain devait toujours dépendre de Lui. Quand Adam et Eve péchèrent, ils choisirent de dépendre d'eux-mêmes plus que de Dieu; ils rompirent cette alliance donnée par Dieu. Le résultat fut qu'ils perdirent le vrai repos que le Sabbat symbolisait. « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain. » (Genèse 3:19) Mais Jésus vint dans ce monde avec le dessein spécifique de restaurer ce repos que le genre humain perdit à la chute (Matthieu 11:28). En le faisant, Il rétablit la signification du Sabbat. Afin de recevoir les bonnes nouvelles du salut, nous devons retourner à ce principe fondamental du repos sabbatique qui fut donné à nos premiers parents.

Le Nouveau Testament déclare que Jésus-Christ fut l'agent par lequel Dieu mena à bien aussi bien la création (Jean 1:3; Colossiens 1:16; Hébreux 1:2,10) que la rédemption (Jean 3:16,17; Romains 3:24; 1 Corinthiens 1:30; Galates 3:13; Colossiens 1:14; Tite 2:14; Hébreux 9:12; 1 Pierre 1:18; Apocalypse 5:9).

De plus, l'oeuvre de restauration de Christ, qui sera complète à la fin de son ministère céleste (1 Corinthiens 15:24-26; Hébreux 2:13), est elle aussi étroitement unie au Sabbat (Esaïe 66:22,23). Son oeuvre de restauration sera une oeuvre parfaite et complète, comme la création et la rédemption. Aussi, le Sabbat a une triple signification pour nous : création, rédemption et restauration.

Puisque Christ est notre Créateur, notre Redempteur et notre Restaurateur, il a parfaitement le droit de revendiquer le titre de « Maître du Sabbat » (Marc 2:28; Luc 6:5; Apocalypse 1:10). Quand la nation juive rejeta Christ en tant que Messie, son observation du Sabbat perdit tout son sens. C'est pourquoi, l'auteur de l'épître aux Hébreux déclare : « Il y a donc un repos [dans l'original, il est écrit sabbatismos : repos sabbatique] de Sabbat réservé au peuple de Dieu. » (4:9) Toute observation du Sabbat qui n'est pas motivée par une foi en réponse à la parfaite expiation de Christ sur la croix est une falsification et appartient encore à l'ancienne alliance du salut par les oeuvres.

La signification du Sabbat du point de vue de l'homme

Dieu créa le monde par l'intermédiaire de Christ, pour le bien de l'homme. L'homme ne contribua en rien à la création mais il en fut seulement le bénéficiaire. Bien que le Sabbat appartienne à Dieu, comme nous l'avons vu, et qu'Il créa le monde, Il les fit tous deux pour notre bénéfice (Exode 31:13; Ezéchiel 20:12; Marc 2:27). Dieu mit à part, ou sanctifia, le repos du Sabbat pour nous rappeler qu'Il est notre Pourvoyeur aimant et que nous dépendons de Lui pour tout ce qui nous est nécessaire.

Il faut noter que Dieu a établi cette alliance avec l'être humain avant l'entrée du péché. En conséquence, si Adam et Eve n'avaient jamais péché, nous observerions encore le Sabbat comme jour de repos. Quand le péché entra dans le monde, il détruisit la signification originelle du repos sabbatique puisque le péché est la rébellion contre notre dépendance de Dieu et un désir de dépendre du moi (Romains 1:21; Philippiens 2:21). Aussi, quand le péché nous sépare de Dieu (Esaïe 59:2), le Sabbat perd sa signification pour nous. L'homme introduisit alors son propre jour de repos, le dimanche. Cependant, à la différence du jour du repos de Dieu, le jour de repos de l'homme ne signale pas une oeuvre parfaite et complète, que ce soit dans la création ou dans la rédemption. Ce fait est d'une importance capitale à la lumière des événements finaux du grand conflict entre le salut par la foi, symbolisé par le Sabbat institué par Dieu, et le salut par les oeuvres, symbolisé par le dimanche institué par l'homme.

Sur la croix, Jésus-Christ réalisa une rédemption parfaite et complète, le sixième jour, exactement comme le fut la création (Luc 23:54). Il restaura le repos du Sabbat qui avait été donné en Eden, et qui avait été ruiné par le péché. Maintenant, tous ceux qui, par la foi, reçoivent la Bonne Nouvelle de l'Evangile, entrent à nouveau dans le repos salutaire de Dieu, duquel le Sabbat est le signe (Hébreux 4:2,3; Exode 31:13; Ézéchiel 20:12; Ésaïe 58:13, 14). Dans le sermon sur la montagne, Christ enseigna clairement que si nous cherchons premièrement le royaume de Dieu et sa justice, par la foi, tous nos besoins seront satisfaits (Matthieu 6:33).

En d'autres termes, l'Evangile a prévu une voie par laquelle nous pouvons échapper à la dépendance de nous-mêmes, qui est la cause de tous nos problèmes, et retourner à la dépendance de Dieu, qui est la source de notre joie et notre bonheur. Une chose est claire : nous ne pouvons servir deux maîtres : notre moi et Dieu (Matthieu 6:24-34). Quand nous entrons dans le repos de Dieu, son jour de repos doit devenir le nôtre. C'est le signe extérieur que nous avons choisi de vivre par la foi seule. Une telle motivation pour observer le Sabbat en fait une véritable observance.

La loi et le Sabbat

Avant que nous puissions considérer le Sabbat en relation avec la loi de Dieu, nous devons tout d'abord nous rappeler que Dieu ne donna jamais la loi comme un moyen ou une méthode de salut (Romains 3:28; Galates 2:16). Ce fut l'erreur dans laquelle les Juifs tombèrent : l'erreur de l'ancien pacte, et qui se termina par l'échec le plus misérable (Romains 9:30-33; Hébreux 8:7-11). Ainsi donc, quelqu'un qui observe le Sabbat de Dieu, afin d'être sauvé, répète l'erreur des Juifs, et par conséquent, détourne le Sabbat de son vrai but.

Quand nous faisons de l'observation du Sabbat une nécessité pour le salut, nous n'entrons pas réellement dans le repos de Dieu, dont la signification est un salut parfait et complet. Au lieu de cela, nous sommes en train de convertir le Sabbat exactement en l'opposé de ce à quoi le Sabbat était destiné. Nous le convertissons en un moyen de salut par les oeuvres. Une telle observation du Sabbat devient dénuée de sens.

Comment alors un chrétien, sauvé par grâce, par la foi seule, gardera-t-il le Sabbat?

Le Nouveau Testament, et spécialement l'apôtre Paul, enseignent clairement que Dieu n'a jamais donné sa loi comme moyen de salut. En fait, avant qu'Il ne donne sa loi aux Juifs, sur le Mont Sinaï, Il leur déclara : « Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude. » (Exode 20:2) Dieu libéra d'abord Israël puis il lui donna la loi. Moïse appliqua spécialement ce principe à l'observation du Sabbat. Cependant, bien que Dieu ne donna jamais la loi comme moyen de salut, Il désire que les chrétiens la considèrent comme un critère de vie (Romains 13:8-10; Galates 5:13,14; 1 Jean 5:1-3; 2 Jean 6).

Jésus montra que la vraie motivation de l'observation de la loi était l'amour (Matthieu 22:36-40; Jean 14:15). Ceci fut aussi enseigné clairement dans l'Ancient Testament (Deutéronome 6:5; Lévitique 19:18). Cependant, il n'est pas en notre pouvoir de générer cet amour à partir de nos propres natures pécheresses car il s'agit de l'amour agape, un amour qui sacrifie le moi, et qui à son origine uniquement en Dieu. Aussi, Dieu nous donne cet amour comme un don, par le Saint-Esprit (1 Corinthiens 12:31; 13:13; Romains 5:5). Dieu ne nous donne pas cet amour pour qu'il puisse revenir à Lui, -ce qui ferait de Dieu un égocentrique- mais Il nous le donne afin que nous le réfléchissions sur les autres, comme preuve de la puissance de l'Evangile pour vaincre le moi (Jean 13:34,35; Romains 5:5; 2 Corinthiens 5:14,15). Voilà ce que signifie avoir la loi écrite dans le coeur, la promesse de Dieu dans la nouvelle alliance (Hébreux 8:10).

Les quatre premiers commandements concernent notre relation avec Dieu, tandis que les six derniers concernent notre relation avec notre prochain. Puisque « agape » ne recherche pas la satisfaction du moi (1 Corinthiens 13:5) comment obéirons-nous aux quatre premiers commandements en harmonie avec le caractère de Dieu, dépourvu d'égoïsme? Rappelons-nous que la seule façon d'obéir c'est par la foi. Nous ne pouvons obéir aux quatre premiers commandements que par la foi, en vivant l'expérience de la nouvelle naissance, et avec cette expérience nous vient la capacité de garder les six derniers commandements (l'amour envers notre prochain).

Le Nouveau Testament dit peu de chose sur notre obéissance aux quatre premiers commandements, car ce que Dieu désire avant tout, de notre part, c'est la foi (Jean 6:28,29; Hébreux 11:6; 1 Jean 3:23), une foi motivée par une appréciation du coeur pour son don suprême d'amour incarné en Jésus-Christ (Galates 5:6). Ainsi, la seule façon acceptable pour quiconque d'observer le quatrième commandement, le Sabbat, est une foi obéissante permettant d'entrer dans le repos de Dieu. Dans ce contexte, le Sabbat devient le sceau de la justice par la foi.

La controverse Sabbat-dimanche

Toutes le fois que la question du Sabbat et du dimanche est amenée au centre du débat, notre attention est immédiatement attirée vers les chrétiens observant le dimanche, contre les observateurs du Sabbat. Ceci n'est pas la véritable question. Il y a aujourd'hui beaucoup de chrétiens sincères, observateurs du dimanche, qui se reposent pleinement en Christ pour le salut. Ils observent le mauvais jour dans une juste intention. De même, plusieurs observateurs du Sabbat croient que cette observation les sauvera. Ils observent le jour juste, mais pour une raison erronée. Les deux groupes ont besoin d'être éclairés, et le Saint-Esprit le fera, si nous le laissons agir, car son rôle est de nous conduire dans toute la vérité (Jean 16:13).

Quand cet Evangile du royaume sera prêché dans le monde entier pour servir de témoignage à toutes les nations (Matthieu 24:14), il polarisera ou divisera la race humaine en deux camps : croyants et incroyants (1 Jean 5:19). Il y aura ceux qui se reposeront pleinement en Christ et ceux qui l'auront définitivement rejeté. A la fin des temps, tous ceux qui viendront sous la bannière de Christ, adoreront le Seigneur du Sabbat; leur observation sera le signe extérieur (ou sceau) de la justice qu'ils ont déjà reçue par la foi, exactement comme la circoncision fut pour Abraham un sceau de justice et de foi qu'il avait déjà étant incirconcis (Romains 4:11).

À la fin des temps, ceux qui auront délibérément rejeté le don gratuit de Dieu du salut en Christ, adoreront « le dragon, parce qu'il avait donné l'autorité à la bête » (Apocalypse 13:3-4). Ils exalteront le dimanche comme le jour de repos de l'homme, au mépris du Sabbat, jour de repos de Dieu. Alors, la fin de ce dernier conflit ne se situera pas entre deux groupes de chrétiens, ni même entre deux jours de repos, mais entre deux conceptions de salut. Le conflit se centrera sur le Sabbat signifiant le salut par la foi seule, et le dimanche représentant le salut par les efforts humains. Le fondement de toutes les Ecritures a toujours été le salut par la foi, opposé à celui par les oeuvres. Au coeur même du message biblique se trouve ce salut par grâce, rendu effectif par la foi seule (Habakuk 2:4; Romains 3:28; Galates 2:16; Ephésiens 2:8; Hébreux 10:38-39; 11:1-40). Au coeur de toute fausse religion il y a le salut par les oeuvres. Aux temps anciens, non seulement le dimanche devint le jour de repos physique et mental de l'homme, mais surtout, il symbolisa le jour de repos et d'adoration, basé sur la croyance païenne que le soleil était le dieu des dieux. Ceci devint évident dans l'empire romain, aux jours de Christ. Dès qu'il fut adopté comme jour de repos, le dimanche devint une institution païenne représentant la propre justice, en complète opposition avec le Sabbat de Dieu, signe de la justice qui vient par la foi seule (Exode 31:13,16; Hébreux 10:14). Ces deux concepts opposés du salut sont en conflit depuis l'entrée du péché, et ils sont irréconciliables.

Quand le véritable Evangile de la justice par la foi sera pleinement retrouvé et prêché dans le monde entier pour servir de témoignage (Matthieu 24:14) chaque personne devra choisir pour ou contre Christ (Deutéronome 30:19,20; Josué 24:13-15; Romains 9:30-33; Philippiens 3:3-9). En ce temps-là, le Sabbat deviendra le sceau de Dieu, représentant la justice par la foi. En contraste, le dimanche représentera la marque de la bête, signifiant la réjection par l'homme de la grâce de Dieu qui sauve en Christ (Apocalypse 14:10,11). Quand des lois seront promulguées pour rendre l'observation du dimanche obligatoire, ceci indiquera que le monde aura rejeté délibérément et définitivement l'offre d'amour de Dieu du salut par Son Fils.

Ceci est « l'abomination de la désolation » dont le Christ parla dans Matthieu 24:14-22. Ceux qui insisteront alors sur le repos du dimanche seront en opposition consciente et volontaire au Sabbat de Dieu, et ils recevront les plaies, la colère de Dieu déversée sans mélange de miséricorde (Apocalypse 14:9-11). En contraste, ceux qui observeront fidèlement et avec persévérance le Sabbat du septième jour, manifesteront une foi en Dieu inébranlable. Ils traverseront le grand temps de détresse et laveront leurs robes dans le sang de l'Agneau (Apocalypse 7:14).

En raison des idées confuses qu'ont beaucoup de chrétiens au sujet du salut, la véritable nature du conflit entre le Sabbat de Dieu et le dimanche (pagano-papal) de l'homme est elle aussi, encore aujourd'hui, mal comprise. Mais quand ces deux méthodes opposées de salut seront confrontées, la vraie importance du salut sera évidente. Alors, l'observation du Sabbat sera d'une façon toute spéciale, un test de foi. Puisse Dieu nous donner, à ce moment là, la grâce et le courage de tenir ferme pour la vérité! Celui qui rend témoignage de ces choses dit : « Oui, je viens bientôt! Amen! Viens, Seigneur Jésus! Que la grâce du Seigneur soit avec vous tous! » (Apocalypse 22:20-21)