La Parole de Dieu prédit, concernant le Seigneur : « Il viendra pour nous comme la pluie, comme la pluie de printemps qui arrose la terre » (Osée 6:3). Ici, la « présence personnelle » de Jésus est comparée à la pluie et, dans la Bible, la dernière pluie représente la venue du Saint-Esprit sur son peuple à la fin. Les Écritures proclament également : « Et vous, enfants de Sion, soyez dans l’allégresse et réjouissez-vous en l’Éternel votre Dieu, car il vous donnera la pluie en son temps, il vous enverra la pluie de la première et de l’arrière-saison, comme autrefois » (Joël 2:23). Dans la marge de ce texte, dans la version King James, l’expression « pluie de la première-saison » est littéralement traduite par « enseignement de la justice ». Ainsi, la première pluie qui arrive à la Pentecôte, et la dernière pluie qui arrive avant le retour de Jésus, représentent la venue du Saint-Esprit comme « un enseignement de la justice. »
Ésaïe aussi compara le Saint-Esprit à la pluie : « Car je répandrai des eaux sur le sol altéré, et des ruisseaux sur la terre desséchée; je répandrai mon Esprit sur ta race, et ma bénédiction sur tes rejetons » (Ésaïe 44:3). Au chapitre suivant, le prophète réunit la venue du Saint-Esprit avec la justice et la délivrance du péché : « Que les cieux répandent d’en haut et que les nuées laissent couler la justice ! Que la terre s’ouvre, que le salut y fructifie, et qu’il en sorte à la fois la délivrance ! moi, l’Éternel, je crée ces choses » (Ésaïe 45:8). Remarquez cette déclaration extrêmement significative qui nous fut donnée à l’époque de Minneapolis : « Le dessein de Dieu est que le plan du salut arrive à son peuple comme la pluie de l'arrière-saison. » [1]
« Le plan du salut » révèle dans « Le Message de 1888 pour aujourd’hui » quel est le message du troisième ange qui doit nous arriver comme « la pluie de l’arrière-saison ». Alors Ésaïe déclara que « la justice jaillirait ». Comment ceci pourrait-il se produire ? « Dès que nous venons à Christ en qualité de créature égarée et pécheresses, et que nous participons à son pardon, l’amour germe dans notre coeur. » [2]
À la Conférence Générale de 1893, A. T. Jones dit ces mots étonnants aux délégués : « J’ai reçu, il y a peu de temps, une lettre de frère Starr d’Australie. J’en lirai deux ou trois phrases, car elles arrivent bien à propos à cet endroit de nos leçons : --‘Soeur White dit que nous sommes au temps de la pluie de l’arrière-saison depuis la réunion de Minneapolis.’ » [3] « Qu’est-ce que le Grand Cri ? [L’assemblée : ‘Le message de la justice de Christ.’] D’où vient la pluie de l’arrière-saison ? [L’assemblée : ‘De Dieu’]. Entièrement ? [L’assemblée : ‘Oui]. Quelle est cette pluie ? [L’assemblée : ‘L’Esprit de Dieu]. Maintenant, rapprochons deux éléments. L’enseignement de la justice selon la justice -- le message de la justice -- c’est le Grand Cri; c’est la pluie de l’arrière-saison; c’est la justice de Christ...
La pluie de l’arrière-saison descend du Ciel. Quelle quantité de cette pluie vient de moi ? [L’assemblée : ‘Aucune’] ... D’où vient-elle ? [L’assemblée : ‘Du Ciel’]. Voulez-vous l’accepter de cette façon ?... Y a-t-il quelqu’un, dans cette salle, ce soir, voulant être prêt à recevoir la justice venant du Ciel ? [L’assemblée : ‘Amen !’] ... Quiconque veut recevoir la justice venant du Ciel peut recevoir la pluie de l’arrière-saison [L’assemblée : ‘Amen !’]. Quiconque ne la veut pas, mais veut recevoir du Seigneur qu’une partie de cette pluie et de cette justice, ne recevra ni la pluie de l’arrière-saison ni la justice de Dieu, ni le message de la justice de Christ. » [4]
« Quand ce message de la justice de Dieu ... la justice de Dieu qui réalise par la foi en Jésus-Christ... quand ce message sera reçu et accepté pour être porté et annoncé par son peuple... il ne faudra que peu de temps pour que toute chose soit entièrement accomplie... Maintenant c’est le moment où l’oeuvre s’achèvera bientôt, et nous serons au centre des évènements qui achèveront l’histoire de ce monde... Nous avons déjà prié pour recevoir la pluie de l’arrière-saison ici, à cette Conférence Générale, n’est-ce pas ? ... Je vous demande simplement maintenant : ‘Êtes-vous prêts à recevoir la pluie de l’arrière-saison ?’ » [5]
Étaient-ils prêts ? Durant les années suivant 1888 et 1893, Satan continua à agir sournoisement pour entretenir de subtiles « racines du moi » et des sentiments d’amertume entre les frères. Le grand appel d’Ellen White, pour l’unité en Jésus et dans le message de la justice de Christ, ne fut pas écouté par beaucoup. Treize ans passèrent après Minneapolis et la dernière pluie n’était pas venue. Ensuite, arriva la session de la Conférence Générale de 1901, qui fut la dernière tenue à Battle Creek. Le Ciel tout entier espéra que, là, la pluie de l’arrière-saison pourrait enfin se déverser. Pourtant, malgré beaucoup de bonnes choses qui se mettaient en place, le grand désir de Jésus-Christ ne se réalisa pas.
En Janvier 1903, en Californie, Ellen White a réfléchi et écrit au sujet de « l’oeuvre qui aurait pu se faire à la dernière Conférence Générale [1901]. » [6] Comme elle était en train d’écrire, soudain elle « perdit connaissance » et « sembla être témoin d’un évènement à Battle Creek », à l’endroit même où la Conférence Générale s’était tenue deux ans plus tôt. « Nous étions ensemble dans la salle du Tabernacle. On pria, on chanta un cantique et on pria encore. Les supplications les plus ferventes montèrent vers Dieu. L’oeuvre se fit en profondeur et on entendit certains frères pleurer.
« Une personne se leva et dit que dans le passé, elle n’avait pas été d’accord avec certaines personnes et n’éprouvait pas d’amour pour elles, mais que maintenant elle se voyait comme elle était. Avec une grande solennité, elle répéta le message à l’église de Laodicée : ‘Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu’. Je comprends maintenant que ceci est mon état. Je me croyais juste, mais mon coeur est brisé et je découvre mon besoin du précieux conseil de celui qui m’a sondé dans tous les recoins de mon être. Oh ! combien les mots suivants sont pleins de grâce, de compassion et d’amour : ‘Je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies’ (Apocalypse 3:17,18).
» L’homme qui parlait se tourna vers ceux qui avaient prié et dit : ‘Nous avons quelque chose à faire. Nous devons confesser nos péchés et humilier nos coeurs devant Dieu’. Le coeur brisé, il fit sa confession et alla vers plusieurs des frères, l’un après l’autre, et leur tendit la main en demandant pardon. Ceux, à qui il s’adressait, se levèrent, se confessant et demandant aussi pardon, et ils tombèrent dans les bras les uns des autres en pleurant. L’esprit de confession se répandit dans l’assemblée toute entière. Ce fut une période de Pentecôte. On chanta les louanges de Dieu et cela continua tard dans la nuit, jusque tôt le matin. L’oeuvre s’accomplissait.
» Les mots suivants furent souvent répétés, très distinctement : ‘Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi’ (Apocalypse 3:19,20). Personne ne semblait être trop orgueilleux pour faire une confession très sincère, et ceux qui menèrent cette action étaient ceux qui avaient de l’influence, mais qui, auparavant, n’avaient pas eu le courage de confesser leurs péchés. Il y avait une joie telle qu’on n’en avait jamais connue auparavant dans le Tabernacle.
» Alors je me réveillai de mon inconscience et, pendant un moment, je ne pouvais pas m’imaginer où j’étais. Ma plume était toujours dans ma main. Ces mots me furent adressés : « Ceci aurait pu arriver. Tout ceci, le Seigneur attendait de le réaliser pour son peuple. Le Ciel tout entier attendait pour manifester sa grâce’. Je pensais où nous aurions pu être si une oeuvre complète avait été faite à la dernière Conférence Générale [1901], et une angoisse de déception me saisit, quand je réalisai que ce à quoi j’avais assisté n’était pas la réalité. » [7]
Frères et soeurs, « ce qui aurait pu être » doit avoir lieu ! Au premier siècle, « le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu ». « Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun » (Actes 2:1,44). Pierre s’était confessé à Jean, et Jacques avait mis les choses en ordre avec André. Ils étaient unis dans le message et dans l’expérience de Christ notre justice. Ceci est notre oeuvre. Et ceux qui ont de l’influence devraient aller de l’avant. Soyons de ceux qui « voient tant de travail à faire, tant de compagnons à aider, qu’ils n’auront pas le temps de chercher des défauts chez les autres. Ils n’auront pas le temps, non plus, de travailler en faveur de l’aspect négatif. » [8] C’est une situation effrayante, parce que « beaucoup sont absorbés à rechercher et à écouter le mal » et « « ils oublient quel grand péché ils sont en train de commettre. » [9]
Une fois, un navire se trouvant au milieu d’une mer houleuse, affronta une terrible tempête et commença à couler. Le canot de sauvetage était assez grand pour contenir la plupart des passagers, mais pas tous. Un pauvre homme se cramponnait au bord du bateau et luttait désespérément pour grimper dedans. Ceux qui étaient à l’intérieur avaient tellement peur que son poids ne le fasse couler, qu’un homme prit un couteau et lui coupa la main. L’homme, à l’agonie, s’accrocha aussitôt avec l’autre main. Quand son autre main fut coupée, il accrocha le côté du bateau avec ses dents. Finalement, émus de compassion, les gens dans le bateau le tirèrent à bord. Mais combien cela aurait été préférable, s’ils avaient agi ainsi avant de lui couper les mains !
Une terrible tempête va bientôt s’abattre sur nous, et la majorité sera enfouie sous les vagues. Il y a des requins dans toutes ces eaux et certaines personnes sont, à l’instant même, en train de s’accrocher avec leurs dents. N’aurons-nous pas compassion les uns des autres, et ne ferons-nous pas tout ce que nous pouvons pour sauver et mettre les égarés dans notre bateau ? Au lieu de leur couper les mains, prions pour eux, et surmontons nos propres tendances à utiliser le couteau ! Voilà l’un des « grands péchés » que nous devons « vaincre » pour recevoir la pluie de l’arrière-saison. C’est aussi un symptôme évident de la propre justice. Comme il est écrit : « Il dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant qu’elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres » (Luc 18:9). Écoutez : « Il nous appartient de remédier aux défauts de notre caractère, de purifier le temple de l’âme de toute souillure. Alors, la dernière pluie descendra sur nous comme la première pluie descendit sur les disciples le jour de la Pentecôte. » [10]
« Tout à coup, il vint du Ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis... Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit » (Actes 2:2,4). Le jour de la Pentecôte, « la révélation de Christ par le Saint-Esprit leur permit de se rendre compte de la signification de sa puissance et de sa majesté, et ils tendirent leurs mains vers lui par la foi, en disant : ‘Je crois’ [justice par la foi]. Il en était ainsi au temps de la première pluie, mais la dernière pluie sera plus abondante. Le Sauveur des hommes sera glorifié, et la terre sera éclairée par le brillant éclat des rayons de sa justice » [11].
« Demandez à l’Éternel la pluie, la pluie du printemps ! L’Éternel produira des éclairs, et il vous enverra une abondante pluie, il donnera à chacun de l’herbe dans son champ » (Zacharie 10 :1). « Connaissons, cherchons à connaître l’Éternel; sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore. Il viendra pour nous comme la pluie, comme la pluie du printemps qui arrose la terre » (Osée 6:3). La promesse est sûre. Le grand jour arrive. J’en appelle à tous ceux qui lisent ce livre, chassons nos différends et unissons-nous sur la fondation de Jésus-Christ et de sa justice ! Les nuages se rassemblent. Je peux entendre le son lointain du tonnerre. C’est le bruit de la pluie. « Il dit encore aux foules : Quand vous voyez un nuage se lever à l’occident, vous dites aussitôt : La pluie vient... Hypocrites ! vous savez discerner l’aspect de la terre et du ciel; comment ne discernez-vous pas ce temps-ci ? » (Luc 12:54,56). Je vous pose la question que frère Jones posa à ses frères en 1893 : « Êtes-vous prêts à recevoir la pluie de l’arrière-saison ? » « Revêtue de l’armure de la justice de Christ, l’Église doit entrer dans son conflit final. » [12]
Notes :