Le Message de 1888 pour aujourd'hui

Chapitre 16

Rassemblons les éléments

Le message du troisième ange est « Le Message de 1888 pour aujourd’hui ». Il proclame « les commandements de Dieu et la foi de Jésus » (Apocalypse 14:12). C’est une alliance inspirée par l’Esprit des dix commandements et de l’Évangile de la grâce de Dieu. Jésus-Christ est le centre de ce message. Le point central est ce qu’il a donné sur la Croix pour toute l’humanité, et ce qu’il peut faire dans toute âme qui s’abandonne à lui.

E. J. Waggoner a écrit : « Laissons le lecteur essayer de se représenter la scène. La loi se dresse comme témoin prompt à se prononcer contre le pécheur. Elle ne peut pas changer le pécheur et ne le désignera pas comme un homme juste. Le pécheur condamné essaye encore et encore d’obtenir la justice venant de la loi, mais elle résiste à tous ses efforts. Elle ne peut pas être achetée par quantité de pénitences ou de prétendues bonnes actions. Mais Christ est là, ‘plein de grâce’ et de vérité, attirant à lui le pécheur. Enfin, fatigué de sa lutte vaine pour obtenir la justice par la loi, le pécheur écoute la voix de Christ et se réfugie dans ses bras ouverts. Caché en Christ, il est recouvert de la justice, et voici : Il a obtenu par la foi en Christ, la justice pour laquelle il avait vainement lutté. Le pécheur a la justice exigée par la loi, et c’est ‘l’article garanti d’origine’, car il l’a obtenue de la Source de la justice; de la véritable source d’où est venue la loi. » [1]

Encore un autre extrait de E, J. Waggoner : « Et maintenant, voici un très bref résumé sur les versets que nous avons commentés. Premièrement, tous sont coupables, condamnés par la loi, de sorte qu’ils ne peuvent pas obtenir d’elle la justice qu’elle exige. Ils essayent encore et encore, mais en vain; ils ne peuvent pas détourner sa juste condamnation. Mais, maintenant, Christ entre en scène. Il est celui d’où la loi puise toute sa justice, et il promet de la donner gratuitement à tous ceux qui l’acceptent. Il peut le faire car la grâce, aussi bien que la vérité, viennent de lui. Le pécheur accepte Christ, en tremblant, sachant pourtant que c’est son seul espoir. Christ le couvre de la robe de justice (Ésaïe 61:10) et met sa justice dans son coeur. Il enlève le vêtement sale, le revêt d’un vêtement neuf et dit : ‘Vois, je t’enlève ton iniquité, et je te revêts d’habits de fête.’ (Zacharie 3:3-5) » [2]

A. T. Jones dit : « Ainsi, de même que nos péchés réellement commis lui furent imputés, afin que sa justice puisse nous être imputée; de même, le fait qu’il affronte et conquiert victorieusement, dans la chair, la disposition à pécher et que, dans la même chair, il manifeste sa justice, nous rend capables en lui, et en nous, d’affronter et de vaincre dans la chair cette même disposition à pécher, et de manifester la justice dans la même chair. Ainsi en est-il pour les péchés que nous avons réellement commis, pour ceux qui sont passés, sa justice nous est imputée, comme nos péchés lui ont été imputés. Et pour nous garder de pécher, sa justice nous est impartie dans notre chair; comme notre chair, avec sa disposition à pécher, lui a été impartie. Ainsi, c’est un Sauveur entier, complet. Il nous sauve de tous les péchés que nous avons réellement commis; et nous sauve également de tous les péchés que nous pourrions commettre, en demeurant séparés de lui. » [3]

De R. T. Nash, un témoin oculaire à Minneapolis, « l’auteur de cette petite brochure, présent à la Conférence Générale de Minneapolis en 1888, vit et entendit beaucoup de différentes choses qui eurent lieu et dit : Madame E. G. White de Californie était présente, le docteur E. J. Waggoner et le pasteur Alonzo T. Jones de Californie étaient là aussi. Jones et Waggoner étaient chargés, chaque matin, de conduire les services de culte et la conférence. Ils nous enseignèrent, de la manière la plus simple et la plus aimable, que Jésus, l’Agneau de Dieu, prit sur lui tout notre fardeau de péchés et donna sa vie pour nous. Qu’il paya toute la dette et nous rendit libres. Qu’il prit tous nos péchés et, en échange, nous donna sa justice. Qu’il prit nos robes sales et nous donna la robe blanche de sa justice à la place. Quel merveilleux échange ! ‘Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité’ (1 Jean 1:9). ‘Ayant été affranchis du péché’, (Romains 6:18) ‘le don de la justice’ (Romains 5 :17, 18) était à nous par la foi. » [4]

Ellen White a écrit : « Le Seigneur, dans sa grande miséricorde, envoya le plus précieux message à son peuple par les pasteurs Waggoner et Jones. Ce message devait montrer au monde, d’une manière frappante, le Sauveur élevé sur la Croix, le sacrifice pour les péchés du monde entier. Ce message présenta la justification par la foi dans le Substitut; il invita les gens à recevoir la justice de Christ, qui est rendue manifeste par l’obéissance à tous les commandements de Dieu. Beaucoup ont perdu Jésus de vue. Ils avaient besoin de tourner les regards vers sa divine personne, ses mérites et son amour immuable pour la famille humaine. Tout pouvoir est entre ses mains pour distribuer de riches dons aux hommes, imputant le don inestimable de sa justice à l’être humain impuissant. Voilà le message que Dieu ordonne d’annoncer au monde, c’est le message du troisième ange qui doit être proclamé d’une voix forte, accompagné de l’effusion de son Esprit dans une grande mesure... C’est le témoignage qui doit être diffusé dans toute l’étendue du monde entier. Il présente la loi et l’Évangile, reliant les deux dans une union parfaite. » [5]

Le dernier résumé de l’ouvrage Le meilleur chemin, pour moi, est le plus clair de tous. J’ai fait des commentaires, entre parenthèse, selon ce que nous avons étudié :

« La justice est définie [bibliquement] par la sainte loi de Dieu énoncée dans les dix préceptes donnés sur le Mont Sinaï... Avant la chute, il était possible à Adam d’acquérir un caractère juste par l’obéissance à la loi de Dieu. Mais il échoua, et, à cause de son péché, notre nature est déchue et nous ne pouvons pas nous rendre justes par nous-mêmes. Étant mauvais, nous ne pouvons pas obéir parfaitement à une loi sainte. Nous ne possédons pas de justice personnelle qui nous permette de répondre aux exigences de la loi de Dieu [notre état d’impuissance].

« Mais Jésus-Christ nous a préparé une issue. Il a vécu sur la terre au milieu des mêmes épreuves et des mêmes tentations que nous. Il a vécu sans péché [sa justice]. Il est mort pour nous [l’Évangile de sa grâce] et, maintenant, il nous propose de prendre sur lui nos péchés et de nous donner sa justice [son merveilleux cadeau]. Si vous vous donnez à lui [la condition] et si vous l’acceptez comme votre Sauveur, quelque coupable que votre vie ait pu être, vous êtes, à cause de lui, considéré comme étant juste. Le caractère de Jésus-Christ est substitué à votre caractère, et vous avez accès auprès de Dieu comme si vous n’aviez jamais péché [la justification par la foi et la justice imputée de Christ].

« Il y a plus : Jésus change votre coeur [sanctification]; il y habite par la foi [la justice impartie de Christ]. Ces rapports avec Jésus par la foi et cette reddition constante de votre volonté à la sienne [une expérience quotidienne de dépendance totale de Christ], il faut les maintenir. Tant que vous le ferez, il produira en vous « le vouloir et le faire selon son bon plaisir ». Vous pourrez donc dire : ‘Si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi; si je vis maintenant lui-même pour moi’ (Galates 2:20), C’est ainsi que Jésus pouvait dire à ses disciples : ‘Ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera pour vous’ (Matthieu 10:20).

« Alors, l’Esprit de Jésus-Christ, agissant en vous [le secret de la puissance], vous permettra de manifester les mêmes dispositions que lui, et vous accomplirez les mêmes oeuvres : des oeuvres de justice [toute justice vient de Jésus], et d’obéissance [le véritable test].

« Nous n’avons donc en nous absolument rien dont nous puissions tirer vanité [tout orgueil vient de Lucifer]. Nous n’avons aucun sujet de nous glorifier. C’est sur la justice de Jésus qui nous est imputée [justification par la foi], et sur celle que son Esprit produit en nous et par nous [la justice impartie de Christ], que reposent toutes nos espérances.

« Quand on parle de la foi, il y a une distinction qu’il ne faut pas perdre de vue. Il est un genre de croyance essentiellement distinct de la foi. L’existence de Dieu, sa puissance et la véracité de sa Parole sont des faits que Satan lui-même et ses anges ne peuvent nier. La Bible nous dit : ‘Les démon croient aussi, et ils tremblent’ (Jacques 2:19); mais ce n’est pas là la foi. La foi -- celle qui est agissante par la charité et qui purifie l’âme -- n’est pas une simple adhésion à la Parole de Dieu; c’est la reddition complète entre les mains du Sauveur de notre coeur et de toutes ses affections. C’est par le moyen de cette foi-là que l’âme est transformée à l’image de Dieu [La vraie foi qui agit]. Et ainsi le coeur qui, dans sa condition irrégénérée, ne se soumet pas à la loi de Dieu -- il ne le peut même pas -- trouve désormais son plaisir dans la pratique de ses saints préceptes et s’écrie avec le Psalmiste : ‘Combien j’aime ta loi ! Elle est tout le jour l’objet de ma méditation’ (Psaume 119:97). Et la justice de la loi peut être accomplie en nous ‘qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit’ (Romains 8:4). » [6]

Un riche homme d’affaires américain entreprit un voyage en Chine. Il embaucha un pauvre Chinois pour lui faire traverser une rivière en bateau. Tandis que le pauvre homme ramait, l’homme d’affaire hautain lui demanda : « Savez-vous quel est le plus grand pays du monde ? » « Non », répondit l’homme sans culture. « Et quelle est le plus long fleuve ? » demanda l’homme riche, d’une manière sarcastique. « Je suis désolée », dit à nouveau le pauvre homme. « Qu’en est-il de la plus haute montagne ? » « Je ne peux pas dire ce que je ne sais pas », répondit le Chinois. L’homme riche se sentait tellement supérieur. Mais, à mi-chemin, au milieu de la rivière, un terrible orage s’abattit sur eux. L’homme d’affaires s’affolait car le petit bateau se remplissait d’eau. Le Chinois lui demanda : « Savez-vous nagez ? » « Non ! » cria l’homme riche, alors que le bateau commençait à couler. L’homme riche savait beaucoup de choses, mais il avait négligé d’apprendre ce qui aurait pu le maintenir en vie !

« Le Message de 1888 pour aujourd’hui » est la seule chose qui puisse maintenir nos âmes en vie. Si nous refusons de l’apprendre et de le vivre, il y a un grand risque que nous sombrions finalement « dans l’étang de feu » (Apocalypse 20:15).

Le drapeau américain est rouge, blanc et bleu. Ce sont les couleurs du message du troisième ange : le rouge pour la purification dans le sang de Christ; le blanc pour la robe de sa justice; le bleu pour l’obéissance aux dix commandements, par la foi en Christ. N’allons-nous pas nous tenir sous sa bannière ensanglantée, et faire flotter le drapeau de la vérité pour que le monde le voit ?

Notes :

  1. Christ et sa Justice, pp. 43-44, 1890
  2. Signs of the Times, 8 septembre 1890
  3. La Voie Consacrée, soulignements de l'auteur
  4. Manuscripts and Memories of Minneapolis 1888, pp. 352-354
  5. Testimonies to Ministers, pp. 91, 92, 94
  6. Le Meilleur Chemin, p. 61