Une ancienne prophétie révèle, au sujet de Jésus-Christ : « Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, où je susciterai à David un germe juste; il régnera en roi et prospérera, il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. En son temps, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure; et voici le nom dont on l'appellera : L'Éternel notre justice. » À la Conférence Générale de Minneapolis, Ellen White dit aux délégués : « Je vois la beauté de la vérité dans la présentation de la justice de Christ en relation avec la loi, comme le docteur [E. J. Waggoner] nous l’a exposée. » [1] On nous a dit que, dans les dernières heures de notre histoire sur cette terre : « Un seul intérêt dominera, un seul sujet absorbera tous les autres, -- Christ notre justice. » [2]
Les Écritures parlent beaucoup d’une « robe de justice », qui est très différente des vêtements invisibles de l’Empereur qui a été bercé d’illusions. Ésaïe s’est réjoui : « Il m’a revêtu des vêtements du salut » (Ésaïe 61:10). Le Témoin Véritable supplie Laodicée concernant les « vêtements blancs » : « Je te conseille d’acheter de moi... des vêtements blancs afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas » (Apocalypse 16:15,16).
Quelle est la signification de cette phrase mystérieuse : « Christ notre justice » ? Quelle est « la robe de justice » avec laquelle Dieu « couvre » son peuple avant Harmaguédon ? Et quelle est « la justice de Christ en relation avec la loi » ? [3] Nous avons déjà affirmé que « la justice est définie par la sainte loi de Dieu énoncée dans les dix préceptes donnés sur le Mont Sinaï. » [4] Par conséquent, les mots « Christ notre justice » et « la robe de justice » doivent obligatoirement être en relation avec Jésus-Christ et son obéissance aux dix commandements, en notre faveur !
Une fois, Jésus a raconté la parabole d’un certains « roi qui fit des noces pour son fils » (Matthieu 22:2). Beaucoup de gens furent invités à « venir aux noces » (verset 4). Le roi, lui-même, fournit un habit de noces spécial pour chacun des invités. Mais, il y a un pauvre homme qui entra dans le palais, et « qui n’avait pas revêtu un habit de noces » (verset 11). Finalement, il fut « jeté dans les ténèbres du dehors » (verset 13). Ellen White a fait un commentaire très significatif, à propos de cette parabole, dans un chapitre intitulé : « Sans habit de noces ». Ses paroles nous aident à mieux comprendre le sujet de « la robe de justice de Christ » et sa « relation avec la loi ».
« La robe blanche de l’innocence » a été portée par nos premiers parents, quand ils furent placés en Éden. Ils vécurent en parfaite harmonie avec la volonté de Dieu. Toute l’intensité de leurs affections était dirigée vers leur Père céleste. Une belle et douce lumière, la lumière de Dieu, enveloppait le saint couple. Cette robe de lumière était un symbole de leurs vêtements spirituels d’innocence céleste. S’ils étaient restés fidèles à Dieu, cette lumière aurait toujours continué de les envelopper. Mais quand le péché se présenta, ils rompirent leur lien avec Dieu et la lumière, qui les avait entourés, disparut. Dénudés et honteux, ils essayèrent de mettre comme couverture, à la place des vêtements célestes, des feuilles de figuier cousues ensemble...
« Voilà ce que les transgresseurs de la loi de Dieu ont toujours fait, depuis le jour de la désobéissance d’Adam et d’Ève. Ils ont cousu ensemble des feuilles de figuier pour couvrir la nudité causée par la transgression. Ils ont porté des vêtements de leur propre invention; par leurs oeuvres, ils ont essayé de couvrir leurs péchés et de se rendre acceptables devant Dieu. Mais, c’est une chose qu’ils ne peuvent jamais faire. L’homme ne peut rien inventer pour remplacer sa robe d’innocence perdue. Aucun vêtement de feuilles de figuier, aucune tenue de citoyen dans le monde ne peut être portée par ceux qui s’asseyent avec Christ et les anges au festin des noces de l’Agneau.
» Seule la ‘couverture’, que Christ lui-même a offerte, peut nous rendre dignes de paraître en la présence de Dieu. Cette couverture, la robe de sa propre justice, Christ la mettra sur toute âme repentante et croyante. ‘Je te conseille, dit-Il, d’acheter de moi... des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas’ (Apocalypse 3:18). Cette robe, tissée sur le métier céleste, ne contient pas un seul fil d’origine humaine. Christ, dans son humanité, forma un caractère parfait... Christ fut obéissant à toutes les exigences de la loi. » [5]
À la Conférence Générale de 1893, A. T. Jones fit un commentaire sur ces mots précis, découverts dans le chapitre d’Ellen White « Sans habit de noces ». S’adressant aux délégués, il leur dit : « Et, vous vous souvenez de la description que nous avons déjà eue de ce vêtement. C’est que ‘ce vêtement, qui fut tissé sur le métier céleste, n’a pas un seul fil fait par l’être humain’. Frères, ce vêtement a été tissé dans un corps humain. Le corps humain -- la chair de Christ -- était le métier à tisser, n’est-ce pas ? Ce vêtement fut tissé en Jésus, dans la même chair que vous et moi... car il participa à la même chair et au même sang que nous... Qu’est-ce qui fut réalisé là ? [Des voix : Le vêtement de la justice]. Et c’est pour nous tous. La justice de Christ -- la vie qu’il a vécue -- pour vous et pour moi, que nous considérons ce soir; voilà le vêtement. » [6]
Il y a deux mille ans, notre Père céleste posa son regard sur la race humaine. Il vit que « nous ne possédons pas de justice personnelle qui nous permette de répondre aux exigences de la loi de Dieu. » [7] Parce qu’il nous aime, il envoya « son Fils unique » dans notre monde, pour devenir un être humain et garder les dix commandements en notre faveur. « Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous » (Jean 1:14). « Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même » (Hébreux 2:14). « Dans une chair semblable à celle du péché » Jésus « a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché » (Romains 8:3; Hébreux 4:15).
Pendant trente-trois ans, Jésus obéit aux dix commandements et manifesta le caractère de Dieu, plein de grâce. A douze ans, la Bible nous apprend qu’il honorait son père et sa mère. « Il descendit avec eux pour aller à Nazareth, et il leur était soumis » (Luc 2:51). Ainsi, il obéit au cinquième commandement. (Cf. Exode 20:12). Après son baptême, Jésus dit à l’ennemi : « Il est écrit : tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (Luc 4:8). Ainsi, Christ garda le premier commandement. (Cf. Exode 20:3). Au début de son ministère, « selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du Sabbat » (Luc 4:16). Donc, il obéit au quatrième commandement. (Cf. Exode 20:8-11). Il a toujours obéi aux dix commandements sans aucune « tache d’encre ».
Pendant tout son pèlerinage terrestre, jour après jour, instant après instant, Jésus garda la loi de Dieu. Était-ce facile ? Non. Satan utilisa toutes les armes de l’enfer contre Christ, pour L’amener à pécher. Quels étaient les enjeux ? Pour Jésus, c’était l’honneur de Dieu, le salut des hommes, la sécurité de l’univers. Pour Lucifer, c’était sa propre existence. Pourtant, « rien en lui ne faisait écho aux sophismes de Satan. Il ne donnait pas son consentement au péché. Il ne céda pas à la tentation, même en pensées » [8]. Même le « désir égoïste », qui est « la racine de tous les péchés », ne trouva pas de place dans le coeur aimant de Christ. « Les principes de la loi divine -- amour de Dieu et amour du prochain -- sont parfaitement illustrés par la vie du Sauveur. Un amour et un désintéressement parfaits : c’était là sa vie. » [9]
Jésus « a appris, bien qu’il fut Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes » (Hébreux 5:8). Par une soumission constante et une foi quotidienne en la puissance de Dieu, Christ fut capable de dire à la fin de sa vie : « J’ai gardé les commandements de mon Père... J’ai achevé l’oeuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 15:10; 17:4). Choix après choix, dans la chair, Jésus-Christ tissa, dans sa propre vie, une robe de juste obéissance aux dix commandements. Pourquoi le fit-il ? Pour nous. Voilà pourquoi son nom spécial est maintenant : « L’Éternel notre justice » (Jérémie 23:6). Il est « Jésus-Christ le juste » (1 Jean 2:1). « Jésus-Christ... a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption » (1 Corinthiens 1:30). « Le Message de 1888 pour aujourd’hui » révèle que « la robe de la justice de Christ » est maintenant « le don le plus riche qui puisse être donné à l’homme mortel » [10]. Et Dieu veut vous l’accorder !
« Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes » (Romains 3:21). Qu’est-ce que cela signifie ? En 1890, Waggoner commenta le verset dans Signs : « ‘Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu’... Eh bien, puisque nous ne pouvons rien avoir de la loi elle-même, nous devrons l’obtenir en dehors de la loi, si nous en voulons quand même un peu. Mais ne soyez pas effrayés, car souvenez-vous que cette justice que nous devions obtenir sans la loi, ou en dehors d’elle, est ‘la justice de Dieu’. C’est justement ce qu’est la loi ! Exactement; il ne peut y avoir de véritable justice qui ne soit pas la justice de Dieu, et toute cette justice est exposée dans sa loi. Nous allons obtenir cette justice que la loi exige, qui cependant ne vient pas de la loi... si nous recevons la justice de Dieu, à travers Jésus-Christ, il est évident que nous avons la justice que la loi exige. » [11]
Deux semaines plus tard -- « La loi est le parfait modèle de la vérité, par conséquent elle doit déclarer tous les hommes coupables et non justes; et personne ne peut espérer expier sa culpabilité par des actes de justice, car ses meilleurs efforts arrivent très au-dessous du niveau exigé, et ainsi s’ajoutent réellement à la mesure de sa culpabilité. Dans cette extrémité, la justice de Dieu, en la personne de Jésus-Christ, est manifestée sans la loi. C’est justement ce que la loi exige ! » [12] La loi regarde à Jésus et « témoigne » de sa justice. Si la loi pouvait parler, elle dirait : « Voilà Jésus-Christ, l’Homme. Voilà la justice que je cherche. »
‘À la session de la Conférence Générale de 1893, A. T. Jones fut totalement d’accord avec son ami E. J. Waggoner. S’adressant aux délégués, il leur dit : « Quand la loi nous atteint, veut-elle quelque chose de nous ? [L’assemblée : ‘La justice parfaite’]. Quel genre de justice ? [L’assemblée : ‘De Dieu’] La justice de Dieu ? [L’assemblée : ‘Oui’] ... La loi se contentera-t-elle de quelque chose de moins que cela, venant de vous et moi ? Acceptera-t-elle quelque chose de moindre, d’insuffisant ? [L’assemblée : ‘Non’]. Si nous sommes seulement un peu au-dessous de cette justice, c’est l’échec face à la loi... ‘Eh bien’, dit quelqu’un, ‘j’ai échoué; j’ai fait de mon mieux.’ Mais la loi dira : ‘Ce n’est pas ce que je veux. Je ne veux pas de votre meilleur résultat; je veux la perfection. Ce n’est pas ce que vous avez fait que je veux dans tous les cas, c’est ce que Dieu a fait : ce n’est pas votre justice que je cherche...
« Voilà ce que la loi dit à chacun. Alors, quand je suis rejeté dès la première question, et quand j’ai dit que j’ai fait de mon mieux, alors je n’ai plus rien à ajouter. N’est-ce pas ce que les Écritures disent : ‘que toute bouche soit fermée’. Elles font justement cela, n’est-ce pas ? ... Mais une petite voix paisible vient, en disant : ‘Voici une vie parfaite’ ... D’où vient cette voix ? [L’assemblée : ‘De Christ’.] Ah, le Seigneur Jésus-Christ, qui est venu et s’est tenu là où je me tiens, qui a vécu dans la chair dans laquelle je vis; il a vécu là ... Donc, il vint simplement et me dit : ‘Prends ceci’. Cela donnera satisfaction, n’est-ce pas ? [L’assemblée : ‘Oui’]. La vie manifestée en Jésus-Christ; cela va satisfaire la loi... Alors, n’est pas ce que la loi veut tout le temps ? C’est Jésus-Christ que la loi veut. » [13]
Dans ces citations de E. J. Waggoner et A. T. Jones, nous pouvons voir la merveilleuse vérité biblique qu’Ellen White apprécia, d’une manière aussi intense, à Minneapolis.
« Je vois la beauté de la vérité dans la présentation de la justice de Christ en relation avec la loi, comme le Dr (E. J. Waggoner) nous l’a exposée. » [14] Voici un bref résumé de ces éléments essentiels du « Message de 1888 pour aujourd’hui » :