Le Message de 1888 pour aujourd'hui

Chapitre 10

« Madame la loi, voulez-vous, s’il vous plait me justifier ? » « Non ! »

L’apôtre Paul a écrit : « Car nul ne sera justifié devant lui par les oeuvres de la loi. » (Romains 3:20). « Sachant que ce n'est pas par les oeuvres de la loi que l'homme est justifié » (Galates 2:16). Imaginez un homme qui est arrêté pour meurtre. Un an plus tard, il passe en jugement.

« Êtes-vous coupable ? » demande le juge.

« Oui, votre Honneur, mais c’était il y a un an. J’ai bien obéi à la loi depuis cette date jusqu’à maintenant. N’allez-vous pas me justifier ? »

« Non. »

« Mais j’ai été tellement bon », plaide le prisonnier. « J’ai même nettoyé ma cellule, lavé les couloirs, et aidé à préparer les repas pour les autres prisonniers. Ne voudriez-vous pas me justifier, s’il vous plaît ? »

« La réponse est encore, Non ! »

Aucune quantité d’actes d’obéissance ne peut disculper quelqu’un de la culpabilité d’un crime passé.

De même, quand nous violons les dix commandements, nous sommes « coupables devant Dieu » (Romains 3:19). Le troisième commandement déclare : « Tu ne prendras point le nom de l'Éternel, ton Dieu, en vain; car l'Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain » (Exode 20:7). Ceci s’applique à n’importe lequel des commandements. « Car quiconque observe toute la loi, mais pèche contre un seul commandement, devient coupable de tous » (Jacques 2:10). Il est impossible de se débarrasser de cette culpabilité par nos propres efforts, en essayant d’être « bons ». Absolument aucune quantité d’actes d’obéissance, présente ou future, ne peut enlever la culpabilité, même d’un seul péché. Simplement, la loi ne nous « tirera pas d’affaire ». L’apôtre dit : « Car nul ne sera justifié devant lui par les oeuvres de la loi, puisque c'est par la loi que vient la connaissance du péché. » (Romains 3:20).

En d’autres termes, une fois que l’Esprit de Dieu nous a finalement touchés, et que nous sommes convaincus que nous avons violé la loi, nous ne pouvons pas fuir de notre culpabilité, même en décidant de faire demi-tour et d’observer les dix commandements ! Une fois, un panneau sur une autoroute indiquait : Si tu vas dans la mauvaise direction, Dieu te permet de retourner en arrière ». C’est vrai. Mais, si nous essayons d’ôter notre culpabilité en gardant la loi, nous allons encore « dans la mauvaise direction ». On ne peut pas agir autrement. « Nulle chair » veut dire : personne. Ni vous, ni moi, ni personne. Une fois que nous sommes coupables de la transgression des dix commandements, nous ne pouvons pas recevoir la justice, ni le salut, ni l’aide de la loi.

Nous vanter de notre supposée obéissance, augmente seulement notre culpabilité. La bête a « une bouche qui proférait des paroles arrogantes » (Apocalypse 13:5), et elle n’est pas la seule. Le monde entier aime parler de ce qui lui semble bon, et tente de le faire. Pourtant, ce que le troisième ange essaye de nous dire, c’est que : « nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. » (Romains 3:19). Hitler dit à l’Allemagne : « Cessez de réfléchir, et suivez-moi. » Dieu s’efforce de dire au monde : « Taisez-vous, et écoutez-moi ». Devant la loi, nos bouches bavardes sont « fermées ». Nous sommes « enfermés sous la garde de la loi » (Galates 3:23). Point final de la discussion. Nous pouvons tous apprendre une leçon d’un sage hibou. « Un vieil hibou sage était perché sur un chêne. Plus il voyait de choses, moins il en disait. Moins il en disait, plus il entendait. N’était-il pas un vieil oiseau sage ? »

Paul écrivit : « C'est par la loi que vient la connaissance du péché. » (Romains 3:20). Ce que la loi nous donne, c’est la connaissance de nos péchés. Son rôle est de nous convaincre, non de nous sauver. Bien que la loi soit juste, elle ne peut rien nous communiquer de sa justice. Pas un iota. Elle fut écrite sur la pierre, et on ne peut pas obtenir la justice d’une pierre ! Pourtant, beaucoup essaient ! Paul s’opposa à de tels efforts en termes sûrs, voyant dans ces efforts mêmes, un défi sérieux à l’Évangile. Il dit : « Je ne rejette pas la grâce de Dieu; car si la justice s'obtient par la loi, Christ est donc mort en vain » (Galates 2:21). Et encore : « S'il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. Mais l'Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient. » (Galates 3:21,22).

A la session de la Conférence Générale de 1893, A. T. Jones confessa que ceci était un problème, même pour beaucoup d’Adventistes du Septième Jour. « « La justice de Dieu, comme elle est exprimée en lettres, en paroles, dans les dix commandements, est la loi de Dieu. Or, tous sont d’accord sur cela; il n’y a pas un Adventiste du Septième Jour qui ne soit pas d’accord. La difficulté est que beaucoup de personnes essayent d’avoir la justice de Dieu venant de la loi, par la loi. Certains tentent de l’obtenir mais ils l’obtiennent en réalité sans la loi, mais par la foi en Jésus-Christ. » [1]

E. J. Waggoner a rédigé cet excellent résumé dans Signs : « Il en est donc ainsi; la loi exige une obéissance parfaite et constante, mais elle s’adresse au monde entier et ne trouve aucun juste; tous l’ont violée et tous sont condamnés par elle. (Romains 3:9-19). L’obéissance, présente ou future, ne supprimera pas la transgression passée, par conséquent la loi ne peut pas nous aider. » [2]

Dans un article, intitulé « Pas de justification par la loi », Waggoner a fait un commentaire sur Romains 3:19,20. « Un observateur de la loi est celui qui l’a toujours observée. Si quelqu’un a échoué dans seulement un détail particulier, il ne peut pas être appelé un observateur de la loi, pour la simple raison qu’il ne l’a pas observée entièrement. Par conséquent, dans ces conditions-là, il ne pourra jamais être justifié par la loi. » [3]

Ellen White était d’accord avec Paul et E. J. Waggoner dans un article significatif, ayant pour titre « Expérience après la Conférence Générale de Minneapolis en 1888, Le danger du légalisme; insistant sur la liberté religieuse ». Elle écrivit : « Par les oeuvres de la loi, aucune chair ne sera justifiée. Il n’y a pas de puissance dans la loi pour sauver le transgresseur. Si l’homme, après sa transgression, avait pu être sauvé par son extrême énergie pour garder la loi, alors, Jésus n’aurait pas eu besoin de mourir. » [4]

Donc, c’est d’une importance vitale que nous comprenions le sens biblique du mot « justification ». Ellen White a averti : « Le danger m’a été présenté, maintes et maintes fois, que nous adoptons, en tant que peuple, de fausses idées sur la justification par la foi. Il m’a été montré que Satan agirait d’une façon spéciale, pour semer la confusion dans l’esprit, sur ce point. » [5] Ceci est un sujet très particulier. C’est pourquoi Satan agit « d’une façon spéciale » pour semer la confusion dans nos esprits, « sur ce point ». Il sait que « la puissance spéciale du Saint-Esprit » est impliquée ici. Il entendit le bon ange dire à Ellen White, en Suisse : « Ce message, compris dans son véritable caractère et proclamé dans l’Esprit, éclairera la terre de sa gloire. » [6] Lucifer est son nom, et la confusion est son jeu.

Réexaminons attentivement Romains 3. Romains 3 verset 19 dit qu’à la lumière de « la loi », le monde entier est « coupable devant Dieu ». Le verset 20 déclare : « Par la loi vient la connaissance du péché ». Le verset 23 dit : « Tous ont péché ». Au verset 24 nous lisons que nous sommes « gratuitement justifiés par sa grâce ». Nous avons ici un enchaînement logique. La loi révèle notre péché et notre culpabilité, menant à la justification par sa grâce. La justification est donc la justification qui nous libère de nos péchés de violation de la loi. Et puis, nous ne sommes plus « coupables devant Dieu » (Romains 3:19). C’est exactement ce en quoi E. J. Waggoner croyait. Il écrivit dans Signs : « La justification se rattache à la loi morale. Comme conséquence de la transgression de la loi, l’homme a besoin de la justification; mais la loi ne peut justifier aucun pécheur, elle ne peut que le condamner. Et ainsi, elle conduit le pécheur à Christ, pour qu’il puisse être justifié par la foi. » [7]

Romains 4 verset 5 dit comment Dieu « justifie l’impie » [« à celui qui ne fait point d'oeuvre, mais qui croit en celui qui justifie l'impie, sa foi lui est imputée à justice. »] Puis Romain 4:7,8 définit cette justification qui vient par la grâce. « Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, Et dont les péchés sont couverts ! Heureux l'homme à qui le Seigneur n'impute pas son péché ! » Ces textes révèlent qu’être « justifié » signifie être « pardonné », vos péchés sont « couverts ». Cela veut dire que Dieu « ne vous impute pas le péché », bien que vous ayez violé les dix commandements. Cette justification est la même chose que le pardon clairement enseigné dans Actes 13:38,39 : « Sachez donc, hommes frères, que c'est par lui [Jésus-Christ] que le pardon des péchés vous est annoncé, et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. » Waggoner fut de nouveau d’accord. « Qu’est-ce qui apporte la justification, ou le pardon des péchés ? C’est la foi. » [8]

Jésus-Christ enseigna la même vérité quand il raconta la parabole du pharisien orgueilleux et de l’humble publicain, dans Luc 18:9-14. Quand le publicain, dans la difficulté, s’écria : « Ô Dieu, soit apaisé envers moi, qui suis un pécheur », Jésus répondit : « Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre » (Luc 18:14). Le publicain fut « justifié » de ses péchés d’avoir violé la loi, quand il reçut « la miséricorde » venant de Dieu. Mais le pharisien orgueilleux ne fut pas justifié; par conséquent, sa culpabilité est restée. Jésus dit aussi : « Car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné » (Matthieu 12:37). Ici, la justification est l’opposé de la condamnation.

Ellen White est très claire sur le sens du mot « justification », et elle fut d’accord avec Jésus, Paul et Waggoner. Après avoir cité Romains 3:24-26, elle écrivit : « La justification et le pardon sont une seule et même chose... La justification est l’opposé de la condamnation... La justification est un pardon complet et total du péché. » [9] Elle dit encore : « Quand le pécheur repentant, contrit devant Dieu, discerne l’expiation de Christ en sa faveur, et accepte cette expiation comme son seul espoir dans cette vie et dans la vie future, ses péchés sont pardonnés. C’est la justification par la foi. » [10]

C’est simple, n’est-ce pas. La justification est le pardon, un pardon complet et total, il n’y a plus de culpabilité; c’est l’opposé de la condamnation. Dans le langage de A. T. Jones : « Il en est ainsi, parce que la Bible le dit ». Une fois encore, c’est une solide vérité biblique qui fait partie de notre ABC, alors que nous étudions « le Message de 1888 pour aujourd’hui ».

La Parole de Dieu est claire. Aucun être humain ne peut être « justifié », de ses péchés d’avoir violé les dix commandements, par ses propres efforts pour observer la loi. Nous ne pouvons absolument pas être pardonnés si nos péchés sont « couverts » au moyen des oeuvres. Aucune quantité d’actes d’obéissance ne peut supprimer la moindre particule de culpabilité. Personne ne peut rien faire pour gagner ou mériter la bénédiction « d’un pardon complet et total du péché ». Dieu ne peut pas être acheté.

Récemment, j’ai vu un panneau publicitaire affichant une nouvelle marque de cigarettes, appelée « Merit » (Mérite). À côté, il y avait un homme tenant un paquet de cigarettes, le sous-titre indiquait en caractère gras : « Vous l’avez mérité ». En réalité, des milliards de dollars sont dépensés, par des professionnels de la publicité, afin de découvrir ce qui séduit le coeur humain. Par nature, nous voulons avoir le mérite de quelque chose. C’est une partie de notre « désir égoïste » qui vient de Lucifer. Cependant, cette idée est contrecarrée par l’Esprit de Prophétie. « Il n’y a aucun sujet sur lequel on a besoin d’insister plus ardemment, que l’on a besoin de répéter plus souvent, que l’on a besoin d’établir plus fermement dans tous les esprits, que l’impossibilité pour l’homme déchu de mériter quoi que ce soit par ses propres bonnes oeuvres, les meilleures soient-elles.

Le salut vient par la foi en Jésus-Christ seul...

« Que ce sujet soit expliqué distinctement et clairement : il est impossible de réaliser quoi que ce soit, en faveur de notre position devant Dieu ou pour obtenir le don du salut, par l’intermédiaire des mérites d’une créature. Si la foi et les oeuvres faisaient acquérir le don du salut à n’importe qui, alors le Créateur serait soumis à une obligation envers sa créature. Voilà une occasion pour accepter l’erreur comme une vérité. Si quelqu’un peut mériter le salut, en faisant quelque chose, alors il est dans la même position que les Catholiques qui font pénitence pour leurs péchés. Le salut est donc, en partie, une dette qui peut être gagnée comme un salaire. Si l’homme ne peut pas -par aucune de ses bonnes oeuvres, mériter le salut, il doit donc l’obtenir par une grâce complète, totale, reçue par l’homme en tant que pécheur, car il la reçoit de Jésus et croit en lui. C’est un don entièrement gratuit. [11]

C’est une idée de la Bête, qu’un homme peut « mériter le salut en faisant quelque chose ». Mais le message du troisième ange est : « C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. » (Éphésiens 2:8). Un don est quelque chose que l’on reçoit. Nous ne pouvons pas le gagner. Nous ne pouvons pas être assez bons pour le mériter. Nous ne le méritons pas. Ellen White a affirmé que ce sujet doit être « expliqué distinctement et clairement ». Paul fit justement cela quand il écrivit : « Or, si c’est par grâce, ce n’est plus par les oeuvres; autrement la grâce n’est plus une grâce » (Romains 11:6). Le salut est soit par la grâce, soit par les oeuvres. Paul dit qu’il ne peut pas être par les deux à la fois. « Le pardon et la réconciliation avec Dieu nous sont accordés, à nous, pécheurs, non pas en vertu de nos oeuvres ou d’un mérite quelconque de notre part, mais à titre de don gratuit dû à la justice immaculée de Christ. » [12]

Les paroles d’un cantique connu sont vraies : « Mon espoir est basé sur rien d’autre que le sang et la justice de Jésus. Je n’ose pas me confier en l’homme le meilleur, mais je me repose entièrement sur le nom de Jésus ». Le monde a ses grands noms -- Bill Clinton, Newt Gringrich, Rush Limbaugh, Steven Spielberg, Michael Jackson et Madona. Demain, il y en aura d’autres. Mais la vie éternelle nous est assurée seulement « par le nom de Jésus-Christ de Nazareth... Il n’y a pas de salut en aucun autre; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Actes 4:10, 12). Oh, combien l’humanité a besoin du « Message de 1888 pour aujourd’hui ! »

Notes :

  1. 1893 General Conference Bulletin, p. 296
  2. Signs of the Times, 30 novembre 1891
  3. Signs of the Times, 1er septembre 1890
  4. 1888 Materials, p. 374
  5. 1888 Materials, p. 810
  6. 1888 Materials, pp. 165, 166
  7. Signs of the Times, 2 septembre 1886
  8. Christ et sa justice, p. 63, 1890
  9. SDA Bible Commentary, Vol. 7A, pp. 294, 295; Comments on Romans 3
  10. Ibid., p. 294 ; Comments on Romans 5:1
  11. 1888 Materia1s, pp. 811, 812
  12. Une Vie Meilleure, p. 136