L’apôtre Paul déclara : « La loi a été comme un précepteur pour nous conduire à Christ » (Galates 3:24). Ellen White identifia cette déclaration exacte avec « cette vérité... à Minneapolis... le message du Seigneur à travers les frères Waggoner et Jones » [1]. Paul enseigna la même « vérité » dans le septième chapitre de Romains. Il témoigna personnellement de la façon dont le Saint-Esprit utilisa la loi de Dieu pour lui montrer ses péchés et le conduire à Christ. « Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. Car je n'aurais pas connu la convoitise, si la loi n'eût dit : Tu ne convoiteras point... Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus... Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort ? Loin de là ! Mais c'est le péché, afin qu'il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point. Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. » (Romains 7:7,9,13,14)
Ellen White commenta l’expérience de Paul décrite dans Romains 7. « Mais quand il discerna la spiritualité de loi, il se vit pécheur... Mais quand il plongea ses regards dans les profondeurs des saints préceptes et se vit tel que Dieu le voyait, il dut baisser la tête et confesser sa culpabilité. Le péché lui apparut alors dans toute son horreur, et la bonne opinion qu’il avait de lui-même disparut. » [2]. Cette révélation amena Paul à s’écrier : « Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? (Romains 7:24). Puis, il proclama : « Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur ! »
Paul a beaucoup écrit sur les fonctions essentielles de la loi : « un précepteur pour nous conduire à Christ » (Galates 3:24). Dans Galates 3:23, l’apôtre inspiré écrivit : « Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. ». E. J. Waggoner passa beaucoup de temps à étudier la signification de ce texte. Un an avant la Conférence de Minneapolis, Waggoner fit des commentaires sur ce verset dans Signs. « C’est la loi qui arrête le criminel; le shérif est simplement l’agent visible de la loi. C’est la loi qui enferme le prisonnier dans sa cellule; le gardien, les grilles et les gros verrous, qui l’entourent, sont simplement les emblèmes de la main de fer de la loi, au-dessus de lui... Il en est ainsi pour le pécheur s’opposant au gouvernement de Dieu. Les yeux du Seigneur sont partout, de sorte qu’il n’y a pas de possibilité pour qu’il puisse échapper à l’arrestation. Dès qu’il a péché, il est saisi par la loi et aussitôt, il est sous la condamnation à mort... Maintenant, il est enfermé et entouré de tous les côtés par la loi. Il n’y a pas un seul des commandements qui ne soit pas contre lui, parce qu’il n’y a pas un homme sur terre qui n’ait pas violé tous les commandements.
« L’Esprit de Dieu fait que les murs de la prison se ferment sur lui, sa cellule devient de plus en plus étroite et il se sent oppressé; et alors, il mène des luttes désespérées pour s’échapper. Il part dans une voie, mais il y a le premier commandement qui se dresse contre lui, et qui ne veut pas le laisser partir libre. Il se dirige dans une autre direction, mais il a pris le nom de Dieu en vain, et le troisième commandement refuse de lui donner sa liberté dans cette direction... Il en est ainsi avec tous les commandements. Ils refusent absolument de lui accorder la liberté, parce qu’il a transgressé chacun d’eux... Il est complètement prisonnier de tous côtés. Pourtant il y a une avenue, la seule pour échapper : c’est à travers Christ. Christ est la porte (Jean 10:9), et franchir cette porte donne la liberté (Jean 8:36). » [3]
Waggoner exprima la même idée dans un autre article de « Signs, Comments on Galatians 3, Nº 8 ». De nouveau, son centre d’intérêt fut Galates 3:23. Il commenta; « Le pécheur est absolument ‘exclu’ de la foi, qui ne peut être révélée, par la suite, comme le seul moyen d’échapper à la culpabilité présente et au courroux à venir...
Blessé par sa prise de conscience, le coupable recherche seul la paix et le repos, mais la loi l’accuse de son péché d’une manière implacable. Tout ce qu’elle veut faire, c’est rendre la condamnation encore plus grave, et l’ajouter ainsi au fardeau qui fait plier par terre le pécheur : ‘Oh misérable que je suis’, il est forcé de se jeter aux pieds de Jésus et de dire; ‘Seigneur, aie pitié de moi qui suis un pécheur’. C’est la seule voie pour s’échapper, et celle-ci ne fait jamais défaut. Ainsi la loi conduit réellement le pécheur à Christ, en excluant toute autre voie de libération de la culpabilité. » [4]
Ce commentaire de E. J. Waggoner, basé sur Galates 3 versets 23 et 24, concorde exactement avec le résumé de « cette vérité » du message de Minneapolis fait par Ellen White, également sur Galates 3:24) .... « ‘La loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi’ (Galates 3:24) ... C’est elle (La loi) qui nous révèle le péché, et nous fait éprouver le besoin de recourir au Christ pour obtenir le pardon et la paix en pratiquant la repentance envers Dieu et la foi envers notre Seigneur Jésus-Christ. Le refus d’abandonner les idées préconçues et d’accepter la vérité explique en grande partie l’opposition qu’à rencontrée à Minneapolis le message du Seigneur présenté par les frères [E. J.] Waggoner et [A. T.] Jones. » [5]
Dans un autre article des Signs, intitulé « Comments on Galatians 3, nº 3 », le texte principal de Waggoner était : « Pourquoi donc la loi ? (Galates 3:19). Ses commentaires contiennent une explication de ce que Paul écrivit dans Romains 5:20 : « Or, la loi est intervenue pour que l'offense abondât, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » Le docteur commente : « La ‘venue’ de la loi eut lieu au Sinaï. Pourquoi ? ... Elle fut alors donnée officiellement pour que l’on puisse voir l’énormité du péché. Paul écrit : ‘Mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé’ C’est-à-dire que c’était nécessaire pour les hommes, afin qu’ils voient la nature réelle du péché, et qu’ils puissent rechercher la grâce qui est en Christ, qui seule peut ôter le péché. Et plus le péché apparaissait énorme, plus l’humanité pouvait avoir une idée vaste et claire de la grâce. Car peu importe l’immense étendue où le péché abonda, la grâce surabonda. » [6]
Pour présenter cela simplement, Les dix commandements furent donnés au mont Sinaï pour nous montrer que nous sommes des pécheurs qui avons besoin de Jésus-Christ ! Les paragraphes suivants, extraits des écrits d’Ellen White, résument d’une façon merveilleuse « cette vérité » qui fait partie bibliquement du « Message de 1888 aujourd’hui. »
« Le premier pas vers la réconciliation avec Dieu, c’est la conviction du péché. ‘Le péché est la transgression de la loi’. ‘C’est par la loi que vient la connaissance du péché’ (1 Jean 3:4; Romains 3:20). Pour voir sa culpabilité, il faut que le pécheur se compare avec la grande règle de la justice divine. C’est un miroir fidèle qui donne l’image d’un caractère parfait, et qui rend le pécheur capable de discerner ses défauts...
» ‘La loi de l’Éternel est parfaite, elle restaure l’âme’ (Psaume 19:8). Sans la loi, on n’a aucune idée de la pureté et de la sainteté de Dieu, ni de sa propre culpabilité et de sa misère. On n’a aucune conviction réelle du péché, et on n’éprouve aucun besoin de s’amender. Ne se sentant pas perdu par ses transgressions de la loi divine, on ne voit pas la nécessité du sang expiatoire du Sauveur. » [7]
Dans les années 1990, la majorité du genre humain était tout à fait dans cet état; elle ne ressentaient pas le besoin d’un Sauveur. Sa condition est semblable à celle d’un homme flottant, toujours paisiblement, sur un radeau en aval d’une rivière. Après la courbe de cette rivière, il y a une cascade de mille mètres qu’il ne voit pas, et donc il ne ressent pas la nécessité de l’éviter ! Des milliards d’êtres humains sur la terre n’ont pas la moindre idée que bientôt, « le Juge qui est le Dieu de tous » exigera un compte pour « toute oeuvre... au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal », à l’égard de sa sainte loi. (Hébreux 12:23; Romains 14:12; Ecclésiaste 12; 15,16). Qui les réveillera ? Si ce n’est pas maintenant, quand cela aura-t-il lieu ? Si ce n’est pas vous, qui le fera ?
Je connais quelqu’Un qui s’efforce de le faire actuellement. Son nom est le Saint-Esprit. Son amour pour les perdus est trop grand pour qu’il reste silencieux, alors que tant de personnes sont en danger. Jésus dit : « Et quand il [le Saint-Esprit] sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement » (Jean 16:8). Il n’a pas peur de le faire. Il nous aime tant ! Et il ne cherche pas à s’attirer le moindre soutien populaire. Son influence est décrite dans la citation suivante : « En revanche, quand le coeur de l’homme cède à l’influence de l’Esprit de Dieu, la conscience se réveille, et le pécheur commence à entrevoir la profondeur et le caractère sacré de la loi de Dieu, loi qui est à la base de son gouvernement dans le Ciel et sur la terre. La lumière qui, « en venant dans le monde, éclaire tout homme » (Jean 1:9), illumine les replis les plus secrets de son âme, et met en évidence les choses cachées dans les ténèbres. « La conviction du péché s’empare alors de son esprit et de son coeur. Saisi du sentiment de la justice de Jéhovah, le pécheur est terrifié à la pensée de paraître coupable et impur devant celui qui sonde les coeurs. » [8]
Qu’en est-il pour vous ? Votre coeur s’ouvre-t-il à l’influence du Saint-Esprit ? Utilise-t-il la loi pour vous conduire à Christ ? Sentez-vous votre besoin d’un Sauveur ? En Nouvelle-Zélande, je vis beaucoup de moutons paître sur les montagnes. Vue de loin, comparée à l’herbe verte, leur laine paraissait blanche et propre. Cependant, quand la pure neige blanche, tombant du ciel, recouvrit le sol, leur laine apparut plus sale qu’elle ne l’était réellement. De la même manière, en contraste avec une loi qui est « sainte, juste et bonne » (Romains 7:12), nous nous voyons comme nous sommes en réalité -- impurs à ses yeux. Les mots à la mode : « Je suis OK, tu es OK », sont un mensonge. Nous ne sommes pas OK. Nous sommes des pécheurs perdus qui ont besoin de Jésus-Christ !
Je veux conclure cette partie avec les mots de John Wesley, le fondateur de l’Église Méthodiste, cités par Waggoner dans Signs. Ces idées ne peuvent pas être très populaires, mais elles sont en parfaite harmonie avec la Bible. Cette vérité a besoin d’être comprise par beaucoup de « braves gens », dans le monde, qui ne ressentent pas le besoin d’un Sauveur. « La méthode ordinaire de l’Esprit de Dieu est de convaincre les pécheurs par la loi. C’est cela qui, étant placé dans la conscience, en général, brise le rocher en morceaux. C’est plus particulièrement cette partie de la Parole de Dieu qui est ‘vivante et efficace’, pleine de vie et d’énergie, et ‘plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants’. Celle-ci, dans la main de Dieu et de ceux qu’il a envoyés, perce tous les replis d’un coeur trompeur, et ‘partage âme et esprit’; oui, en effet, ‘jointures et moelles’. Ainsi, le pécheur se découvre lui-même. Toutes ses feuilles de figuier sont arrachées, et il voit qu’il est ‘malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu’. La loi lance des condamnations de tous côtés. Il se sent un simple pécheur. Sa ‘bouche est fermée’ et il se tient ‘coupable devant Dieu’.
« Tuer le pécheur est alors la première fonction de la loi. C’est détruire la vie et la force en lesquelles le pécheur se confie, et le convaincre qu’il est mort, tout en étant en vie, non seulement sous la condamnation à mort, mais qu’il est en réalité mort devant Dieu, dénué de toute vie spirituelle, ‘mort dans les transgressions et les péchés’. La deuxième fonction de la loi est de ramener le pécheur à la vie, -- à Christ, pour pouvoir vivre. Il est vrai, qu’en amenant ces deux fonctions à la perfection, Jésus est ainsi un maître d’école sévère. Il nous attire par la force plutôt que par l’amour. Et pourtant, l’amour est la source de tout ce qu’il fait. C’est l’esprit d’amour qui, par ces significations douloureuses, ces larmes causées par notre confiance en la chair, ne nous abandonne pas, brisés devant la loi, et qui pousse ainsi le pécheur, détaché de tout, à s’écrier dans l’amertume de son âme, ou à gémir au plus profond de ce corps de mort : -- ‘Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur !’ » [9]
Notes :